Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/140

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— Ma chérie !… Ma Nicole, je vous adore !

Le dernier film est déroulé. La salle se rallume, et c’est le brouhaha du premier entr’acte. Vivement reculé, Julien a repris l’attitude correcte d’un spectateur indifférent. Un peu rouge, je braque ma lorgnette, au hasard, vers les loges. En face, dans l’avant-scène de droite, une assez jolie quadragénaire — blonde, oxygénée, une couperose atténuée de poudre rose, de grasses épaules aux chairs lumineuses, — bref, d’une maturité conservée, s’accoude nonchalamment aux côtés d’un grand vieillard osseux. Son petit nez coquin de soubrette de Marivaux, ses yeux pétillants, requièrent mon attention. J’interroge Julien :

— Savez-vous qui est cette blonde resplendissante, là-bas ?… Elle a un collier d’admirables émeraudes.

— Fréminet me l’a nommée, tout à l’heure, répond négligemment Dangel. Je crois que c’est la femme du directeur d’un grand journal financier… Une certaine madame Dubreuil… non : Bouvreuil ! madame Jules Bouvreuil.

Tiens ! Bouvreuil : le patron de l’Agioteur, l’ennemi de Landry Colin ! Je lorgne, avec une curiosité aiguë, le couple installé en face :