Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/17

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Invite donc les gens, Nicole, pour qu’ils s’égayent aux dépens de leur amphitryon à peine sortis de table, éructant leurs commérages avec les relents de la digestion ! Sans compter qu’il a plutôt réussi mon portrait, cet animal de Fréminet, en opérant lui-même : elle me ressemble assez, cette Nicole crayonnée à grands traits…

Fréminet, directeur d’un music-hall honni par les sénateurs vertueux ; Fréminet, exhibiteur de plastiques obscènes, barnum de chair rare, brasseur d’affaires louches, enrichi du produit de trois faillites successives ; que dirais-tu, ô Fréminet ! si tu te doutais que, derrière ce mur de verdures, une curieuse embusquée épiait tes propos d’après-dîner, et que ce mur avait mes oreilles ?… Et toi, Julien Dangel, joli blondin aux yeux bleus, dramaturge d’avenir qui, pour le présent, te résignes à n’être que revuiste d’occasion et à trousser des couplets grivois à l’usage du New-music-hall, sais-tu que je n’ai pas perdu une de tes paroles ?

Fréminet et Dangel se sont éloignés dans la direction du salon de jeu, continuant leur causerie innocente.

À dix pas, ils croisent Landry Colin : de