Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/39

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tranquille ; et que madame Paul Bernard absorbe des litres d’eau nauséabonde et diurétique pour tâcher d’éliminer la dangereuse adiposité qui envahit sa volumineuse personne cardiaque.

Un coup de sonnette. Landry Colin entre sans être annoncé, en intime. Il a une allure insolite : l’œil inquiet, la figure congestionnée, et la barbe ébouriffée par ses doigts nerveux qui l’agacent à rebrousse-poil. Il questionne, méfiant :

— Bernard est parti, n’est-ce pas ?

Il darde sur moi ses petits yeux aigus où l’éclat du jour se reflète en malice. Je réponds :

— Paul a quitté Paris la semaine dernière. Mais, qu’y a-t-il donc ?

Le banquier m’intrigue. Il arbore cet air gêné du monsieur qui a une confidence épineuse sur le bout de la langue, ou une mauvaise affaire à vous proposer. J’écarte cette dernière supposition, mais la première ?… Son sourire embarrassé, son petit ricanement qui n’en finit plus… Et cette idée de s’assurer de l’absence de Paul !

Landry aurait-il des intentions sur ma personne, par hasard ? Hum ! bien invraisemblable…