Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/40

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Il tient à Nadine Ziska, et ce n’est guère l’homme d’une double aventure : sa vie de boursier est trop compliquée et son existence sentimentale ne l’est pas assez, pour qu’il envisage le risque de tromper sa maîtresse avec celle de son associé.

Je ne suis pas de ces femmes dont la curiosité s’amuse longuement à deviner le contenu d’une lettre d’après l’enveloppe, le timbre, la suscription… moi, je déchire tout de suite. Déchirons :

— Allons, décidez-vous… Qu’avez-vous à me dire de si mystérieux avec ces précautions de conspirateur ?

Landry devient plus rouge encore, exagère sa mine défiante, et finit par chuchoter :

— Écoutez, ma chère Nicole… Vous êtes une femme intelligente. Je suis venu vous trouver parce que vous pouvez me rendre un service inappréciable… D’ailleurs, il s’agit d’obliger votre ami Bernard aussi bien que moi : n’est-il pas mon associé ? Je vais vous mettre au courant… Mais, jurez-moi, de ne parler de rien à personne ?

— Jusqu’ici, il me serait difficile de commettre une indiscrétion : vous êtes plus obscur que les livres sibyllins…