Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/45

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atteint son état maximum, l’art ne peut la surpasser.

— Oh ! oh ! Landry, votre aphorisme frise le madrigal, ma parole !

— Voilà pourquoi j’ai décidé Watelet à envoyer le tableau chez moi sous un faux prétexte… Si vous aviez vu la tête de Léon lorsqu’il l’aperçut !… J’ai senti la partie gagnée. Et je l’ai amené ici, comptant sur votre séduction…

— Ben ! Vous ne manquez pas d’aplomb, proxénète… Où Paul vous a-t-il pêché ? dans un aquarium ?

— Mais, chère amie, je ne conçois guère vos insolences… C’est en pensant à votre intérêt, à celui de Bernard, tout autant qu’au mien, que j’agis ainsi ! Nous sommes comme ces alpinistes qui font une ascension à la chaîne : si la corde se rompt, tout le monde roule au fond du ravin…

— Oui : Léon Brochard vous sert d’alpenstock.

— Nicole… Me comprenez-vous, maintenant ?

— Parbleu ! Vous formez le plan de tromper votre ami Paul Bernard en jetant la maîtresse de votre associé dans les bras d’un vieux viveur qui peut vous servir… C’est propre. Pourquoi n’avez-vous pas employé Nadine, à cette