Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/49

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maligne pour lui dissimuler ce que notre sollicitude s’efforcerait de laisser dans l’ombre. La conduite d’une femme ne commence à avoir quelque importance que du jour où elle est connue.

— Ah ! vous croyez ça ! Apprenez ceci, mon cher : j’ai si peu l’intention de mentir à Paul, sur ce sujet, que, dès votre départ, je m’installe à cette table et je lui écris le récit de notre conversation, mot pour mot, avec l’exactitude d’un bon sténographe…

Landry Colin sourit d’un air ironique. Il se lève, transporte la petite table devant mon fauteuil, prépare le porte-plume, le buvard, l’encrier, et conclut, en me baisant la main :

— Écrivez, ma jolie complice ; maintenant, je suis sûr de vous. Une femme ne profère pas de ces énormités quand elle parle sérieusement. Tout raconter à Bernard !… Non, laissez-moi rire. En vérité, vous êtes à demi convaincue, et vous me débitez ces sottises pour déguiser votre capitulation. Prenez tranquillement une résolution : je me sauve. Au revoir, Nicole.


Ô Landry Colin ! Auriez-vous encore cet air d’incrédulité railleuse si vous lisiez, derrière