Page:Marguerite de Navarre - L’Heptaméron, éd. Lincy & Montaiglon, tome II.djvu/325

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car, de ceste malladye là, je vous en asseure. Mais je vouldrois sçavoir à qui madame Oisille donnera sa voix. - Je la donne, dist-elle, à Symontault, lequel je sçay bien qu’il n’espargnera personne. - Autant vault, dist-il, que vous mectez à sus que je suis ung peu medisant? Si ne lairray-je à vous monstrer que ceulx que l’on disoit mesdisans ont dict verité. Je croy, mes dames, que vous n’estes pas si sottes que de croyre en toutes les Nouvelles que l’on vous vient compter, quelque apparence qu’elles puissent avoir de saincteté, si la preuve n’y est si grande qu’elle ne puisse estre remise en doubte. Aussy, sous telles especes de miracles, y a souvent des abbuz; et, pour ce, j’ay eu envie de vous racompter ung miracle, qui ne sera moins à la louange d’un prince fidelle, que au deshonneur d’un meschant ministre d’eglise."