Page:Marguerite de Navarre - L’Heptaméron, éd. Lincy & Montaiglon, tome II.djvu/383

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



La sœur du comte de Jossebelin, après avoir epousé, au desceu de son frere, un gentil homme qu'il feit tuer, combien qu'il se l'eut souvent souhaité pour beau frere, s'il eust esté de mesme maison qu'elle, en grand patience et austerité de vie, usa le reste de ses jours en un ermytage.

Ce seigneur pere de Rolandine, qui s'appelloit le conte de Jossebelin, eut plusieurs seurs, dont les unes furent mariées bien richement, les aultres religieuse; et une qui demeura en sa maison, sans estre maryée, plus belle sans comparaison que toutes les autres, laquelle aymoit tant son frere, que luy n'avoit femme ny enfans qu'il preferast à elle. Aussy, fut demandée en mariage de beaucoup de bons lieux; mais, de paour de l'esloigner et par trop aymer son argent, n'y voulut jamays entendre;