Page:Mariéton - Une histoire d’amour, 1897, 6e éd.djvu/166

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Une anthologie vénitienne de M. Raphaël Barbiera a révélé le véritable auteur, en donnant de nouvelles preuves de son talent de poêle. — Traduisons quatre strophes de la Serenata :

« Ne sois plus tourmentée de pensers mélancoliques. Viens avec moi, moulons en gondole, nous gagnerons la pleine mer.

…Oh ! quelle vision ! quel spectacle présente la lagune, lorsque tout est silence et que la lune brille au ciel !

…Abaisse ce voile, cache-toi ; elle commence à paraître… si elle t’apercevait, elle pourrait devenir jalouse.

…Tu es belle, tu es jeune, tu es fraîche comme une fleur ! Voici venir le temps des larmes ; ris aujourd’hui et fais l’amour. »

Il faut lire la description féerique et si juste de ces adorables nuits de Venise, dans la Lettre de G. Sand, tout imprégnée de cette poésie.

Ses préoccupations ordinaires étaient plus prosaïques. Sa correspondance retentit d’une incessante réclamation d’argent à ses éditeurs. À l’en croire, elle aurait été réduite aux derniers expédients, « à coucher sur un matelas par terre, faute de lit ». Les souvenirs de Pagello, que m’a transmis une lettre de sa fille, Mme Antonini, protestent contre cette