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SUR MARIE.

Lais. Il paroît encore que les productions de ces peuples furent l’objet continuel de ses lectures avant qu’elle n’écrivît ses poësies ; il paroît aussi, que, douée d’une mémoire heureuse, elle comptoit sur sa facilité à retenir ; car elle dit avoir mis en vers des sujets qu’elle avoit entendu conter ou simplement réciter il y avoit long-temps ; peut-être qu’en les rimant, elle les corrigeoit, les changeoit, et quelquefois même elle les continuoit différemment[1].

Marie prévient ses lecteurs qu’elle a hésité long-temps avant de se livrer à ce genre de littérature ; elle avoit même entrepris de traduire du latin plusieurs sujets tirés de l’histoire ancienne ; mais s’étant aperçue que ce genre de travail avoit été adopté par la plus grande partie des écrivains de son temps, qu’elle ne parcourroit qu’une route battue, elle abandonna ce projet pour se livrer entièrement à la recherche des Lais gallois et armoricains. Peut-être est-ce à la singularité de son plan, qu’est due l’origine de sa renommée.

  1. Prologue des Lais, vers 39 et 40. Lai du Chevre-Feuille, vers 5 et 6.