Page:Marie de France - Poésies, éd. Roquefort, I, 1820.djvu/26

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NOTICE

supériorité dont l’auteur lui-même s’apercevroit bientôt, et par-là à se faire des protecteurs puissants et mériter l’estime publique. En effet, les efforts et l’application de cette femme tendoient à jouir d’une renommée justement acquise, et d’une distinction particulière. On voit par ses productions qu’elle étoit sans cesse tourmentée de la crainte de ne pas réussir. C’est ce qu’elle exprime avec sa simplicité naturelle dans le Lai de Gugemer[1].

En lisant le prologue des Lais, on s’aperçoit qu’ils sont adressés à un souverain qui n’est pas nommé[2]. Mais quel est le monarque auquel Marie a fait cet hommage ? Ce fait étoit connu de son temps : et malgré la distance qui en éloigne, le peu de matériaux qui restent, nous allons, par une suite de rapprochements, chercher à découvrir son nom.

Dans son Prologue, Marie fait part de ses craintes ; elle tremble que la jalousie ne cherche à traverser les succès que pourront obtenir ses ouvrages dans un pays étranger ;

  1. Au commencement.
  2. Vers 43 et suivants.