Page:Marie de France - Poésies, éd. Roquefort, I, 1820.djvu/36

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
20
NOTICE

écrivant en Angleterre, elle y composa ses fables ; il est donc à présumer que c’est dans ce royaume qu’il faut diriger ses recherches pour trouver le personnage dont il s’agit. Après y avoir réfléchi, on conviendra sans doute que c’est Guillaume, surnommé Longue-Épée, fils naturel de Henri II, créé comte de Salisbury et de Romare par Richard Cœur-de-Lion, et que Marie appelle la fleur de chevalerie, l’homme le plus vaillant du royaume[1] ; expressions qui s’appliquent parfaitement au caractère de Guillaume-Longue-Épée, si renommé par sa bravoure[2]. Les louanges que lui prodigue Marie, expriment les sentiments de ses contemporains et se trouvent encore dans son épitaphe[3].

Guillaume étant mort en 1226[4], il faut alors que Marie ait publié ses fables avant cette époque ; la brillante réputation qu’elle

  1. Voyez le Prologue des Fables, v. 30.
  2. Sandfort’s, Genealogical History of the Kings of England, p. 114. Matth. Paris, p. 491, 524, 525, 529, 534, 558, 572.
  3. Flos Comitum, Willelmus obiit, stirps regia, Longus
    Ensis vaginam cœpit habere brevem.

  4. Sandford, ibid.