Page:Marie de France - Poésies, éd. Roquefort, I, 1820.djvu/471

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LAI D’ELIDUC.

Il ordonne à son chambellan de se rendre près de sa mie, pour la prévenir de son retour, et l’avertir de se préparer à partir le lendemain. À l’entrée de la nuit, le chambellan se mit en route pour remplir son message. Il étoit suivi d’Eliduc qui pour n’être pas reconnu, avoit changé de vêtements ; ils arrivent dans l’endroit où étoit Guillardon. Le chambellan entre dans le palais, et à force de chercher il parvient à trouver l’appartement de la princesse. Il la salue de la part de son amant dont il lui apprend le retour. Émue, hors d’elle-même, Guillardon pleure de joie, et embrasse à plusieurs reprises le porteur d’une nouvelle aussi agréable. Le chambellan la prévient de se tenir prête à partir et à venir joindre Eliduc. Ils passèrent la journée à faire tous leurs préparatifs, et lorsque la nuit fut avancée, que tout reposoit dans le château, la pucelle et le chambellan prirent la fuite. Craignant d’être aperçue, Guillardon vêtue d’une robe de soie légèrement brodée, étoit enveloppée d’un manteau court. Non loin du palais et sur le bord