Page:Marie de France - Poésies, éd. Roquefort, II, 1820.djvu/123

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DE MARIE DE FRANCE.

Qant ère iriez mult se crémeient [1]
Seur tute rien trop me duteient [2].
Or me veient mult affébloié,
Mult defulei et avillié,
Mult me semble gregnur vilté [3]
De cex ki furent mi privé,
A ki jeo fiz honur è bien.
Ki ne membre de nulle rien [4]30
Que des autres ki ge méfîs.
Li nun-poissanz a po d’amis.

MORALITÉ.

Par méismes ceste resun
Prenuns essanple dou Liun ;
Quicunques chiet en nun poeir [5]
[a]S’il pert se force et sun aveir
Mult le tiennent à grant vilté
Neis li plusur qui l’unt amé.


  1. Dès que je paroissois avoir de la colère, elles avoient peur, elles trembloient.
  2. Me redoutoient sur toutes choses.
  3. Cest une grande honte que ceux qui furent mes compagnons.
  4. Qu’ils ne se ressouviennent d’autre chose.
  5. Celui qui perd son rang, ses dignités, sa fortune.
  1. Tuit le tiennent à non-chaloir.