Page:Marsollier et Chazet - Le joueur d'échecs, vaudeville en un acte, 1801.djvu/7

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SCAPIN, à part.

Bon ! nous saurons profiter de ce désespoir-là.


NIGAUDIN.

Et, d’après cela, je prévois que nous partirons bientôt pour retourner à Meaux en Brie ; ce qui me fera un plaisir bien vif.


SCAPIN.

Oui, et pourquoi ?


NIGAUDIN.

C’est que j’y ai fait une légère connaissance.


SCAPIN.

Cela ne m’étonne pas, avec une tournure comme la vôtre, et ce joli déshabillé.


NIGAUDIN.

Vous riez ? Mais je ne suis pas toujours si mal vêtu ; et si je voulais, tenez, j’ai la veste, la culotte et les bas de cet habit-là ; j’ai l’habit, la veste et les bas de cette culotte-là ; j’ai l’habit, la veste et la culotte de ces bas-là ; et enfin, j’ai l’habit, la culotte et les bas de cette veste-là !… Vous voyez que je suis un garçon assez gentiment habillé, si ce n’est que tout cela est si mauvais, que je ne puis pas le porter.


SCAPIN.

C’est une bagatelle ! Mais parlons de votre maître. Il veut s’en retourner à sa campagne chercher l’automate ? il ne se voit plus à Paris ?


NIGAUDIN.

Précisément.


SCAPIN.

Mais si on le lui faisait voir encore ?


NIGAUDIN.

Ça ne se peut pas, puisqu’on assure qu’il est déjà bien loin.


SCAPIN.

On croit cela ; il n’en est rien. C’est un secret qui n’est connu que de moi, et je vais vous le