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la chapelle de l’hôtel de ville

main à saint Pierre ; 2° Jésus chassant les vendeurs du Temple. Un des marchands est étendu aux pieds du Christ. Dans le fond, on en aperçoit d’autres qui fuient ; 3° La remise des tables de la loi sur le mont Sinaï. Sous le type traditionnel de l’Ancien des Jours, Dieu apparaît dans la nuée, donne d’une main, à Moïse agenouillé, la double table du Décalogue ; de l’autre, il lui montre au loin les tribus d’Israël. 4° Jésus au puits de la Samaritaine. Celle-ci semble prêter une attention profonde aux paroles de vie que lui adresse le Sauveur. 5° Sur le panneau mobile qui donne entrée dans la chaire : saint Michel terrassant Lucifer. Ce groupe, d’une date plus moderne que le reste, est plein de mouvement.

Dans le soubassement, se développe une série de petits tableaux en bas-reliefs, groupés deux par deux, sous chaque panneau, et présentant les personnifications allégoriques de l’Humilité, des trois vertus théologales et des quatre vertus cardinales. L’Humilité renverse du pied un vase plein de trésors. La Foi élève un calice. L’Espérance s’appuie sur l’ancre symbolique. La Charité presse un enfant sur son sein et en entoure d’autres de sa maternelle sollicitude. La Tempérance tient deux vases et verse dans l’un le contenu de l’autre. La Force porte une colonne sur ses robustes épaules. La Prudence manie le serpent, emblème que lui attribue l’Évangile. La Justice porte les balances et repose sur un bouclier marqué d’un glaive. Ces diverses figurines sont d’une grâce et d’une souplesse de dessin vraiment remarquable. Un superbe cul-de-lampe forme la terminaison inférieure de la chaire, et lui imprime un aspect tout original. Formé d’élégants rinceaux alternant avec de larges feuilles d’acanthe, aux arêtes ondulées, d’où émergent, aux angles, d’épaisses volutes, ce cul-de-lampe finit, près du sol, en un faisceau noué de multiples sculptures dont les motifs sont encore empruntés au règne végétal.


LA CHAPELLE DE L’HÔTEL DE VILLE

Ce fui la modeste chapelle Saint-Jaquême, située au sud-ouest de la place Saint-Nizier, qui abrita à Lyon, au début du xive siècle, les premières délibérations légales du corps consulaire et reçut d’abord le précieux dépôt des franchises municipales. Dans le même temps, la nef de l’église Saint-Nizier servait aux grandes assemblées de la commune. Après avoir siégé successivement, en 1458, dans la maison du Lion, en 1461 et de nouveau en 1570, dans la maison Charnay, rue Longue, en 1569 à l’hôtel de Milan, rue Grenette, et en 1604 dans la maison de la Couronne encore debout au n° 13 de la rue Poulaillerie, le consulat résolut, en 164i, de construire un Hôtel de Ville digne de la cité.

Simon Maupin, voyer de la ville, reçut l’ordre d’en préparer le plan et fut envoyé à Paris, au mois de mars 1646, pour soumettre son projet au contrôle d’un architecte alors «n grande réputation, Gérard Desargues, lyonnais attaché au service de la Couronne. Le 18 mai, les échevins écrivaient à Desargues pour lui accusé réception de ses dessins et