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histoire des églises et chapelles de lyon

Dame-de-Montserrat. Ces divers autels étaient dotés par beaucoup d’anniversaires institués à perpétuité et ils appartenaient, pour la plupart, aux plus notables familles de l’échevinage ou du négoce. Les Scarron possédaient Notre-Dame-de-Bon-Secours, les Pianelli Saint-François de Paule ; les Chaponay, Saint-Nicolas ; Sainte-Marie-Majeure relevait des Clapisson ; les Parisiens, émigrés sur les rives de la Saône, s’étaient réservé Sainte-Geneviève et les Espagnols, en l’adoptant, l’avaient baptisé Notre-Dame-de-Montserrat.

Alphose de Richelieu, cardinal archevêque de Lyon.

Les Confréries y célébraient leurs offices et y tenaient leurs assemblées. On en comptait trois, dont deux très populaires, sans parler d’un tiers-ordre formé par des sœurs séculières avec une d’entre elles élue pour correctrice. La plus fréquentée de ces pieuses associations était désignée sous le nom de Confrérie des Enfants de la ville ou des Nouveaux Mariés, quelquefois aussi on l’appelait le Royaume de Notre-Dame-d’Août. Primitivement organisée à Fourvière, elle remontait assez loin, sans qu’il soit possible de déterminer exactement la date de sa naissance. Elle s’était formée en un temps de désolation et de terreur, alors qu’une épidémie inexplicable frappait la plupart des nouveau-nés et menaçait les jeunes ménages d’être privés de postérité. On eut recours à la Mère de Dieu comme protectrice des berceaux et des langes et on la supplia par vœu d’intercéder pour la conservation des familles lyonnaises.

C’est par un acte consulaire du 5 juin 1577 que le siège de cette confrérie fut transféré à la Croix de Colle ; les deux premiers gentilshommes, qui exercèrent la charge de courriers, furent Cuillin de Salla, seigneur de Montjustin, capitaine de la ville, et Claude de Fenoyl, sergent-major ; on leur adjoignit deux bourgeois, les sieurs Galas et Noyrat, et ce nombre de quatre fut définitif ; mais pour le remplir désormais on eut soin de ne choisir que des jeunes gens mariés dans l’année. L’Assomption se solennisait en grande pompe ; à cette occasion on élisait le roi et la reine. La première condition pour jouir de ce titre envié était de n’avoir pas dépassé six ans et le diadème se débattait aux enchères, au poids de la cire. Le plus gros cierge valait à son possesseur de l’emporter sur tous ses concurrents. L’émulation était parfois si vive et le cierge si lourd que l’enfant avait recours au bras de sa nourrice.

Le bien public était également intéressé à la Confrérie de la Santé. Érigée le 1er octobre 1628, elle avait pour fondateurs et recteurs perpétuels, MM. les commissaires délégués au bureau de la Santé. On sait le rôle important confié à cette institution chargée de