Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/113

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
67
l’église des minimes

l’hygiène, surtout aux époques de contagion et de peste, dont Lyon subit si fréquemment l’horreur. Nos pères ne séparaient jamais, dans les calamités, le recours à Dieu des moyens fournis par la science humaine et l’autorité civile ; ils demandaient que des prières spéciales fussent récitées pour écarter les fléaux et vaincre leur épouvante ; ils invoquaient les saints, tels que saint Roch, saint François de Paule, Notre-Dame-de-Consolation comme étant non moins utiles que les plus habiles médecins. On a conservé les noms des adhérents de la première heure qui se concertèrent dans ce religieux dessein ; les principaux furent Jean de Sylvecane et Pierre Mellier, l’un et l’autre, conseillers du présidial, Louis de Sève, seigneur de Charly, Pancrace Maicsllin, docteur, des bourgeois tels que François Mizaud, Jean-Antoine Candevelle, des marchands François Rey, Mathurin Gocquel, Arnaud Rochette, Barthélémy Ballet, etc., etc. Leur initiative inspira au prévôt des marchands de députer à Notre-Dame de Lorette deux prêtres de la communauté, afin d’y déposer un ex-voto en témoignage de la confiance et de la gratitude de leurs concitoyens. Les Pères Dominique Mellier et Pierre Foreizon s’acquittèrent de la mission le 19 janvier 1529 : ils suspendirent à la voûte de la Santa-Casa une lampe d’argent et à leur retour, ayant passé par Home et baisé les pieds du pape, ils rapportèrent « un voile sur lequel est représenté le portrait du corps du glorieux saint Roch de la façon qu’il repose dans une église de Venise ». C’est là qu’ils avaient acheté cette image ; enfermée depuis dans une châsse « de bois azuré et surdoré » connue sous le nom de suaire de saint Roch, elle devint l’objet de dévots pèlerinages.

La Société faisait célébrer une messe tous les samedis et un délégué, renouvelé chaque mois, y assistait ; il y avait messe chantée aux jours de l’Assomption, saint François de Paule, saint Roch et saint Remi ; mais la plus magnifique solennité était réservée à l’Ascension ; les clochetteurs la publiaient aux carrefours ; des affiches l’annonçaient ; on sortait les plus belles tapisseries ; les trésoriers veillaient à la dépense de l’ornementation et de la cire. Les commissaires du bureau se présentaient en corps à l’offrande avec un cierge à la main et pour la communion ils le conservaient aussi ; dans l’après-midi, une prédication suivait les vêpres et, du matin au soir, des quêteurs sollicitaient aux portes la charité des visiteurs.

Quant à la dernière de ces confraternités, établie au milieu du xviie siècle, en l’honneur de la Pureté de la Vierge Marie et sous le vocable de Notre-Dame de Bon Secours, elle n’était pas particulière au monastère de Saint-Just ; l’ordre l’érigeait à peu près dans toutes ses résidences ; Rouen avait été, je crois, son berceau et le pape Innocent X en avait autorisé la propagation par de nombreuses indulgences. « Elle était fondée, dit un chroniqueur inconnu, sur les trois états de la virginale pureté de la Mère de Dieu, afin d’exciter les chrétiens, chacun selon sa condition, à se conserver soigneusement dans la pureté des pensées, des paroles et des actions ». Un des religieux, le P. Jacques Payet, le 3 mars 1654, légua une somme importante pour que, les complies achevées, à la Conception, Nativité, Annonciation, Purification, Assomption et Noël, le chœur vint chanter les litanies de Lorette devant la statue miraculeuse de Notre-Dame de Bon Secours et la vêtir d’une somptueuse robe de brocart et d’or.