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l’église des minimes
Statue de la Vierge. (Cuivre repoussé).

de ses principes inciviques et de son fanatisme, se reconquit en prison ; il déclara ouvertement dans son interrogatoire sa croyance à la divinité de Jésus-Christ et à l’autorité du pape. Quand on lui demanda s’il renonçait à son caractère de prêtre, bien qu’il ait eu la faiblesse de se déclarer abdicataire quatre mois auparavant, il répondit que son sacerdoce était ineffaçable. Incarcéré le 23 pluviôse an II, il passait, six jours après, en jugement devant la commission révolutionnaire qui l’envoyait à l’échafaud. La fournée des rebelles, dans laquelle il fut compris, comptait vingt-trois victimes ; dans ce nombre il y avait sept autres prêtres avec lui et une religieuse carmélite, Jeanne Beauquise, âgée de 63 ans. Un de ses confrères, Sibille-Pierre Vergniaud, mis sous les verrous par la section du Gourguillon, une des plus terribles, échappa, je ne sais comment, au même sort. Trois des survivants, dont l’un était vicaire intrus à Saint-Nizier, lors de la restauration concordataire, rentrèrent dans la communion romaine.

L’église et le claustral avaient subi le sort des biens ecclésiastiques ; mis en vente le 14 septembre 1791, ils avaient été chaudement disputés et adjugés à la flamme de la 19e bougie pour la somme de 100.600 fr. L’acquéreur, Antoine Donat, négociant, place de la Comédie, avait le droit d’entrer immédiatement en possession ; cependant on avait excepté de cette vente le mobilier de l’église, les autels, retables, tableaux, table de communion, chaire à prêcher, boiseries du chœur et de la tribune ; la cloche, le beffroi et l’horloge du clocher n entraient pas non plus dans le lot ainsi que la bibliothèque avec sa menuiserie et ses dépendances. J’ignore à quels usages ces immeubles furent réservés par leur nouveau propriétaire. En 1826, M. l’abbé Dettard, un maître d’une réputation inoubliable, les acheta et les destina à une institution de jeunes gens ; Notre-Dame des Minimes est aujourd’hui une école plus florissante que jamais, après une existence scolaire de quatre-vingts ans, remplie d’admirables succès et éminemment utile aux lettres, à la patrie et à l’Église.

La vieille chapelle des Minimes n’a pas subi à la Révolution le sort réservé à tant d’autres édifices religieux. Aujourd’hui encore (quoi qu’elle soit depuis longtemps désaffectée), elle dresse sur la place des Minimes sa masse imposante. Elle sert de salle de récréation, et plusieurs de ses chapelles sont utilisées pour les classes moins nombreuses. Lorsqu’on pénètre dans l’intérieur, on est frappé de la hauteur des voûtes et de l’ampleur