Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/170

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histoire des églises et chapelles de lyon

entretien, mais il est bien loin de suffire au soutien d’un hospice qui n a qu un très petit revenu fixe et qui porte ainsi à juste titre le nom de maison de la Providence. »

Chapelle de Trinitaires.

La Providence subsista jusqu’à la Révolution, époque à laquelle les religieuses se dispersèrent ; au commencement du xixe siècle, quelques dames, distinguées par le rang et par la vertu, conçurent le dessein d’arracher à l’abandon ou aux mauvais exemples de leurs parents de pauvres jeunes filles. Encouragées par un zélé Jésuite, le ère Roger, et approuvées du cardinal Fesch, elles se réunirent, le 16 janvier 1804, et s’érigèrent en congrégation séculière sous le titre du Très saint Cœur de Marie : c’étaient Mmes Bruyzet de Sainte-Marie, Anginieur mère et fille, de la Barmondière, Vitet, Delphin, Gérondot, Félissent, Journaud, Gourd, Bouchardier, Prudent, Lecour, Razuret, Meynard, Mayet, Montanier, Terme, de Lupé, Rondol, Albert, Guérin, Charrein, Godinot, Burlat, Magnonin et Lacour. La présidente fut Mme Bruyzel de Sainte-Marie, l’assistante Mme Anginieur mère.

Les premières enfants avaient été vendues par leurs parents à des saltimbanques : elles coûtèrent à ces dames trente-quatre francs chacune : on avouera que ce n’était pas cher. Peu après Mme Anginieur en trouva trois autres de même misère qu’elle abrita avec leurs compagnes d’infortune, tantôt chez elle, tantôt chez des personnes amies. Un jour vint où comme Mme Bruyzet faisait confidence de son extrême dénuement, on lui répondit par une somme de 300 francs en demandant que l’établissement reprît le nom de Providence et qu’on rétablît l’œuvre que les Trinitaires avaient dirigée sous ce nom avant la Révolution.

Ce conseil amical ou cette sommation discrète ayant été acceptée, une maison fut louée rue Sala, n° 40, le 9 août 1804 : deux dames Laplanche et une dame Morelle, toutes trois religieuses Trinitaires de l’ancienne Providence, y firent revivre les règlements de leur ordre. En 1806, le nouvel établissement comptait vingt-six enfants. Mme de la