Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/176

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histoire des églises et chapelles de lyon

des rideaux de taffetas cramoisi à ces fenêtres distancées lune de l’autre par de larges trumeaux. Dans le haut, un grand arc doubleau séparait la nef du sanctuaire, précisément après deux autels dédiés, celui de droite à saint François de Sales, dès sa canonisation, celui de gauche à saint Augustin.

Le maître-autel d environ huit pieds de longueur, trois de hauteur et trois ou quatre pouces de profondeur, portait, par-dessus la corniche, une croix de quatre pieds, avec un crucifix et un tableau de la Visitation donné, aux premiers temps du monastère, par un bienfaiteur inconnu. Le tabernacle avait été fait en Savoie, par les soins de sainte Jeanne de Chantal ; deux crédences, longues de deux pieds et demi, se voyaient de chaque côté du maître-autel : on y tenait deux grands chandeliers et, les jours de fête, on y exposait des reliques avec candélabres et fleurs. Une chaire médiocrement grande était aussi placée dans le sanctuaire ; une large grille remplissait entièrement le vide laissé à droite du maître-autel, entre le sanctuaire et le chœur des religieuses ; elle avait dix à douze mètres de largeur, six à dix de hauteur et était par le dessus en anse de panier ; on l’avait posée à deux pieds hors de terre, et elle était formée « de fer carré de petit échantillon, les barres, l’une dans l’autre, sans pointe ni façon, les trous ayant deux pouces et demi de vide » ; au milieu de la grille se trouvait « une fenêtre qui se fermait à clef du côté des sœurs ; haute d’un pied et demi et large d’un grand pied, elle servait à donner la communion et le voile aux religieuses. La stalle de la supérieure, au fond du chœur, était comme les autres, sans nulle façon », mais élevée d’un degré de quatre pouces ; au-dessus était placé un tableau de la Vierge, environné de sentences.

La sacristie était d’une agréable construction octogone ; elle renfermait un autel de cinq pieds avec deux escaliers, une table, une chaire, un agenouilloir et une fontaine d’étain au-dessus de la piscine. À côté d’une petite fenêtre grillagée couverte de toile noire, entre la sacristie des prêtres et celle des sœurs, s’ouvrait un trou d’environ trois pouces en carré pour y passer les flambeaux et les grands cierges.

Sainte Chantal encourageait la construction et conseillait de loin et parfois de près. Par les lettres qu’elle écrivait à la chère cadette — elle donnait ce nom d’amitié à la mère de Blonay — on voit quelle est instruite du moindre détail, qu’elle entre dans les plus minces particularités, suggère des idées artistiques et pratiques, propose « les petites économies à faire », rappelle des plans utiles, bref, se montre femme de tête, comme en toute circonstance.

Le bâtiment achevé en 1627, M. de Meschatin La Faye, chanoine, le bénit, et Robert Berthelot, évêque de Damas, suffragant de Lyon, le sacra ; Mme la présidente Le Blanc, de Grenoble, ayant donné la cloche, en fut la marraine ; la mère de Blonay avait dépensé tant pour l’église que pour le monastère la somme de quatre-vingt mille francs.

Depuis la consécration de l’église jusqu’à la Révolution, des circulaires envoyées du premier monastère de Lyon aux couvents de l’institut, mentionnent les réparations et les embellissements : on lit dans celle du 3 mai 1672 que la supérieure Catherine-Aimée de Vauzelles a orné le sanctuaire d’un balustre de fer « qui est bien beau et bien travaillé » ; dans sa circulaire du 23 avril 1691, Marie-Éléonore d’Apchon de Poncins se réjouit de