Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/180

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histoire de églises et chapelles de lyon

beau reliquaire ; 4° le cœur de vermeil, présent et non plus échange des sœurs de la Visitation de Riom ; il était soutenu par un grand pied droit et entouré de rayons en forme de soleil ; 5° un cœur enfin rehaussé de pierreries : « Monseigneur le duc de Mercœur ayant voulu voir cette relique, en actions de grâces de la santé qu’il en avait obtenue, la renvoya aussi dans un autre cœur d’or enrichi de pierreries que la duchesse de Vendôme lui avait offert ; ce reliquaire était en or et en forme de cœur comme celui du roi ; on le fit accommoder à la juste mesure de la précieuse relique ; il fui rivé dans celui du roi auquel on ne voulut pas toucher. »

Cette énumération ne serait pas complète si nous omettions un buste d’argent de saint François de Sales, haut de deux pieds y compris le soubassement, dit la circulaire du 18 mars 1703 ; en 1789, les sœurs livrèrent cette œuvre d’art à la monnaie : leur générosité pour le bien public ne fut pas sans apitoyer les ouvriers mêmes qui jetèrent cette pièce au creuset. Mentionnons également deux chandeliers à branche pour accompagner l’ostensoir, l’un et l’autre d’un travail des plus recherchés et des plus polis, affirme la circulaire du 18 mars 1703 ; enfin l’admirable crucifix de grandeur naturelle donné à la mère Marthe-Séraphique d’Apchon de Poncins : aux pieds du Christ « se trouve une sainte Madeleine en relief, d’une pierre blanche d’une hauteur naturelle, faite par un habile et excellent ouvrier et au-dessous, on voit un tombeau sur lequel ladite sainte est couchée ; on ne peut regarder le crucifix sans que la douleur qu’il imprime par la vue n’attire les larmes par la blessure qu’il a au cœur ».

Le couvent de la Visitation de Bellecour a disparu dans la tourmente révolutionnaire. Dans la première moitié du xixe siècle, les religieuses Visitandines reprirent possession de la cité lyonnaise.

Sous la direction de Louise-Colombe Betton de Beaufoural, elles s’établirent à la Croix-Rousse, puis le 6 juin 1856, se transportèrent, à la montée du Télégraphe à Saint-Just, où elles se trouvent encore dans un vaste clos qui renferme des bâtiments neufs et bien aménagés.

La chapelle est l’œuvre de l’éminent architecte de Fourvière, M. Bossan, dont la sœur fut religieuse dans cette communauté. Elle manque de dégagement à l’extérieur, parce qu’elle joint de plusieurs côtés les bâtiments du couvent. À l’intérieur, elle présente une forme presque carrée. N’étant pas faite pour le public, on a peu allongé la nef. Le chœur est vaste, et sur le côté droit s’ouvre la salle de communauté d’où les religieuses assistent à l’office. Une immense grille les sépare du chœur de la chapelle. L’autel est de marbre blanc et le devant est orné d’épis et de raisins en cuivre sur fond bleu, rouge et or. Ces sujets sont encadrés par trois colonnettes de marbre gris. Par côté du tabernacle et formant retable, huit anges en cuivre, également sur fond polychromé, portent des objets du culte : le calice, une bourse, des burettes, un chandelier, la patène, le missel, un encensoir avec sa navette. L’autel est recouvert d’un gracieux el léger ciborium, orné à sa partie supérieure dune sculpture représentant l’Assomption de la sainte Vierge.

À droite, comme il a été dit, s’ouvre la grille des religieuses, et vis-à-vis, à gauche de l’autel, se trouve la sacristie dont l’entrée est surmontée d’une fresque : saint Joseph