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histoire des églises et chapelles de lyon

à pan coupé droit et une tribune ménagée au-dessus de l’entrée. Une porte donnait sur la rue ; surmontée d’un petit clocher, juste assez haut pour l’unique cloche qu’il contenait. Elle s’ouvrait à peu près à l’endroit des tourniquets du funiculaire de la Croix-Rousse et elle était orientée du midi au nord.

Un peu moins d’un siècle plus tard, M. Guichard, un directeur qui passa 4o ans à Saint-Irénée et en géra l’économat avec une habileté peu ordinaire, entreprit une réparation complète de l’édifice très délabré par le temps. De sa part, le projet fut hardi, un vrai coup d’audace, car Mgr de Montazet, archevêque, ne cachait pas des dispositions moins que tièdes à l’égard des Sulpiciens, et il recommandait sans cesse d’épargner des finances dont il prétendait disposer à son gré. Nous croyons que l’on se déroba à sa surveillance inquisitoriale pendant l’un de ses fréquents et longs séjours à Paris pour s’entendre avec M. Loyer, architecte, embaucher les ouvriers et les mettre en chantier.

Le Saint Sacrement fut transporté, le lendemain de l’octave de la Fête-Dieu 1763, dans la seconde salle du pavillon, désigné sous le nom de l’archevêché ; aussitôt on enleva toute la boiserie de l’église, les stalles qui n’étaient que de sapin pourri, la tribune et son escalier, le plafond en entier, composé de minces planchettes fusées. Le sol de la nef, plus bas que le chœur de cinq marches, fut relevé de quatre pieds ; toute la façade, donnant sur la place, fut plâtrée en stuc ; un perron de six marches posé, et deux grandes fenêtres, percées de chaque côté de l’entrée. La porte fui refaite à deux battants, en chêne, avec des motifs sculptés, ornée d’une ferrure magnifique et accompagnée d’un tambour de treize pieds de haut. Sur la façade on posa un fronton, surmonté d’une croix dorée de cinq pieds ; on regratta la statue de Saint-Irénée, qui en ornait la niche centrale. Au dedans, on procéda à un remaniement aussi complet, du pavé jusqu’à la voûte ; on revêtit les murs d’une boiserie, chargée de bas-reliefs et de rosaces ; dans le sanctuaire on employa le chêne. Dessart, sculpteur, multiplia les trophées et les guirlandes ; les stalles furent renouvelées, dans le chœur séparé de la nef par un grillage d’un beau travail ; elles étaient doubles, hautes et basses, et comprenaient 48 places de chaque côté.

Après avoir procédé à la réfection du couvert, tuiles et charpente, on exécuta la voûte carrée, en plâtre, avec des emblèmes aux bas-côtés, des panneaux et des bordures.

Le sanctuaire reçut un pavé de pierre blanche et noire, un autel de choin rouge, avec ses gradins et son tabernacle, orné de motifs en cuivre doré, et, par derrière, un grand crucifix dans un beau cadre, surmonté d’une gloire.

La piété de M. Guichard lui suggéra d’ériger une chapelle à saint Irénée, l’illustre docteur, second évêque de Lyon ; il y vit un double avantage : consacrer d’abord le culte du patron titulaire de la maison et introduire de la symétrie dans sa restauration, en donnant à la chapelle de la Vierge l’édicule correspondant qui lui manquait.

On pratiqua un enfoncement dans le mur de gauche que l’on ferma en cul-de-four, et, du haut en bas, sur les panneaux et les pilastres, on revêtit cette surface de mosaïques brillantes, exécutées par un ecclésiastique M. Bally, qui demanda 1.600 fr. pour salaire.

Des placards dans la sacristie, une cloche neuve, une grille de fer forgé de quatre pieds de haut et de plus de cinquante de long, entre le chœur et le sanctuaire, des vitres et des