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providence caille et petits-frères de marie

le noviciat s’agrandit et sans cesse épuisé renaquit sans cesse. Peu après, l’abbé Champagnat le transféra dans le vallon de l’Hermitage arrosé par les belles eaux du Gier. En 1826, il admit ses fils spirituels à faire des vœux. En 1829, il tenta d’obtenir l’autorisation légale et il y serait parvenu l’année suivante sans la révolution de juillet ; en 1831, il fonda l’établissement de la côte Saint-André. L’autorisation de la société des prêtres Maristes, les aînés des Petits- Frères, par bref de Grégoire XVI, du 11 mars 1836, pressa encore la fortune spirituelle des petites écoles, dignes héritières transformées de leurs aïeules du xviie siècle, et répandues dans quatre diocèses.

En 1839, peu de mois avant sa mort, l’abbé Champagnat accepta d’un prélat généreux, ami de la congrégation, le château de Vauban pour un second noviciat ; après quoi il se donna tout entier à revoir les règles, imprimées dès 1834, et qui résumaient le travail de toute sa vie intérieure. Il voulut expressément qu’on les remit entre les mains du père Colin, supérieur général de la société de Marie, pour bien marquer la subordination, en ce qui lui appartenait, des diverses branches du tronc marial encore si jeune et déjà si riche. Le Père Champagnat, après avoir écrit son testament spirituel, le 18 mai 1840, à Notre-Dame de l’Hermitage, son séjour préféré, y mourut, le jeudi 4 juin, dans de grandes souffrances. En 1896, Léon XIII l’a déclaré vénérable.

Après sa mort, l’institut prospéra singulièrement par son union avec les frères de Saint-Paul-Trois-Châteaux, avec les frères de Viviers et par d’autres marques de la prédilection de Dieu. En moins de deux ans, il s’étendit à Saint-Lattier, dans l’Isère ; à Digoin en Saône-et-Loire, enfin dans le Pas-de-Calais. La loi sur l’enseignement du 15 mars 1850, dite loi Falloux, lui valut l’autorisation légale. Il tint cette même année un chapitre général qui accepta définitivement les règles. Il comptait, en 1806, plus de trois cents établissements contenant quinze cents frères, instituteurs et éducateurs chrétiens de cinquante mille enfants du peuple. L’institut ne cessa désormais de prospérer, protégé par les archevêques qui se succédèrent, leurs vicaires généraux, et en particulier M. Beaujolin, vicaire général de Lyon.

D’une statistique récente, il résulte que la congrégation des Petits-Frères de Marie a été autorisée, en 1851, par décret du président de la République, et approuvée en 1863 par bref de Pie IX. Elle est aujourd’hui une des plus nombreuses de France après l’institut des Frères des Écoles chrétiennes. Elle se composait, il y a trois ans, avant les expulsions et dissolutions des congrégations religieuses, de 168 frères stables, 2081 frères profès, 1383 frères à vœu d’obéissance, 832 frères novices, 414 postulants, 984 juvénistes, soit un total de 5862 membres. L’institut comptait, tant en France qu’à l’étranger, 15 maisons provinciales, 15 noviciats, 12 juvénats et 639 écoles donnant l’instruction chrétienne à 91.315 enfants. Le diocèse de Lyon était fort avantagé dans cette distribution. Il possédait : 1° la maison-mère à Saint-Genis-Laval (Rhône) avec un noviciat et un juvénat ; 2° un second noviciat à Notre-Dame de l’Hermitage près de Saint-Cbamond ; 3° un second juvénat à Lavalla près de Saint-Chamond ; 4° une maison de retraite pour les vieillards et les infirmes à Charly (Rhône) ; 5° douze pensionnats dont les principaux sont ceux de Saint-Genis-Laval, Neuville-sur-Saône, Valbenoîte, Saint-Étienne et Charlieu ; 6° 105 écoles où plus de 18000 enfants recevaient l’instruction chrétienne.