Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/269

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antiquaille

Sala, construisit, sur cet emplacement, une vaste habitation qu’il appela les Antiquailles. Le nom est resté.

Cour et cloître de l’Antiquaille.

Sala posséda longtemps cette seigneurie qu’il laissa à Symphorien Buatier son petit-fils, comme lui, lyonnais notable ; elle passa ensuite à Benoît Buatier, vicaire général du cardinal de Tournon, archevêque et comte de Lyon, et de ce dernier à Claude de Rubys, son parent, historien de renom, qui y date l’épître dédicatoire de son Histoire véritable de Lyon, en indiquant néanmoins, suivant l’usage du temps et par pure courtoisie pour Pomponne de Bellièvre, qu’elle est écrite de la maison de ce dernier, et il termine par cette phrase : « De votre maison de l’Antiquaille sur Lyon, ce dernier jour de décembre 1601. » Ce château revint plus tard aux Buatier qui, vers 1616, sous le titre de seigneurs de Mont-Joli, y passèrent plusieurs actes et le possédèrent jusqu’en 1629, où un jugement obtenu contre une dame Buatier, veuve du sieur de Masso, en transporta la propriété à Mathieu de Sève, trésorier de France, seigneur de Saint-André, Fromentes et Flécheras, au prix de 21.000 livres. Mathieu de Sève acheta cette habitation, l’une des plus importantes de Lyon par les objets précieux qu’elle renfermait ; il y installa les religieuses du second monastère de la Visitation, établies depuis peu dans une petite maison du Gourguillon, qui avait coûté à M. de Sève de Saint-André 30.000 francs. Le 3 avril 1630, sous la conduite de Marie de Quérard, leur supérieure, ces religieuses prirent possession de l’Antiquaille.

La principale source à laquelle se réfère l’histoire de la prison Saint-Pothin est un récit intitulé : Songe de la mère de Riants, religieuse Visitandine de l’Antiquaille. Ce récit est inédit, il est tiré d’un manuscrit intitulé : Fondation du deuxième monastère de la Visitation de Lyon. L’importance du récit nous oblige à l’insérer en grande partie.

« Sœur Anne-Marie de Thélis, à présent supérieure à notre monastère de Toulouse, religieuse professe de notre premier monastère de Bellecour, et qui était fort dévote à saint Pothin, ayant été obligée, pour des infirmités, par l’ordre des médecins, de venir prendre l’air céans, fut ravie d’être en état de visiter le cachot de saint Pothin pour le vénérer. Elle en sortait toujours animée du. désir que ce lieu fût plus fréquenté : elle nous en parlait souvent et employait son éloquence naturelle à nous persuader les grâces renfermées en ce saint lieu, et pour affermir davantage la vérité que c’était le lieu véritable où ce premier évêque de Lyon avait reçu la couronne du martyre, elle avait recueilli tout ce que les historiens anciens et modernes rapportent de la mort de ce saint et des lieux souterrains où il avait souffert et été en prison.