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histoire des églises et chapelles de lyon

plus vastes cryptes lyonnaises après celle de Fourvière. Les frais dépassèrent 62.800 fr. En 1870, le conseil de fabrique voulut apporter une nouvelle modification dans les travaux ; il s’agissait d’élever la construction sur toute la surface destinée à l’église.

Sur ces entrefaites, la guerre avec l’Allemagne fut déclarée, et le nouveau conseil municipal, élu en 1871, refusa de payer la cinquième annuité de 60.000 fr., de sorte que les travaux furent suspendus pendant plus d’un an. C’était pitié de voir cette grande bâtisse inachevée, avec ses murailles blanches qui noircissaient sous la pluie, ses trois portes murées, ses échafaudages qui pourrissaient : on estime à 20.000 fr. les dégâts qui se produisirent alors. Mais les fabriciens ne se découragèrent pas, ils obtinrent le paiement de la dernière annuité de la ville, adressèrent un nouvel appel aux paroissiens, encouragés par la reprise des travaux ; et le 21 avril 1874, la commission municipale vota une nouvelle subvention de 300.000 fr., à répartir sur quatre années, et en déclarant formellement que l’église de la Rédemption « sera consacrée exclusivement, à perpétuité, à l’exercice du culte catholique Romain. » Ne dirait-on pas qu’il prévoyait l’avenir !

Le dimanche 4 novembre 1877, la nouvelle église fut solennellement ouverte au public. L’inauguration attira de toute part une foule immense. À neuf heures, le cardinal Caverot transféra solennellement le saint Sacrement de l’ancienne église à la nouvelle. Sur le perron, le maire remit les clefs de l’église à M. le curé Rubal qui avait remplacé M. Tamain le 23 juin. Tout à côté se tenait M. le docteur E. Chappet, président de la fabrique, qui remplit depuis trente ans les mêmes fonctions. La grand’messe fut chantée par Mgr Pagnon, vicaire général ; à vêpres, Mgr Mermillod, évêque de Lausanne et Genève, prononça un de ses plus éloquents discours.

Il s’agissait maintenant de meubler l’église. L’œuvre du mobilier de l’église fournit la chaire et son abat-voix, le maître-autel, la table de communion. Les chapelles de la Sainte Vierge, de sainte Germaine, du Sacré-Cœur, de Notre-Dame des Sept-Douleurs, furent embellies respectivement par les confréries du même nom ; les trois rosaces de la façade payées par les Mères chrétiennes. La seule chapelle de Notre-Dame de Pitié avait coûté plus de 25.000 fr., sans compter les vitraux et le lustre.

Telle qu’elle est, cette église est une des plus vastes et des plus belles de Lyon ; elle mesure 62 mètres, sur 28 au transept, et 32 de hauteur sans voûtes. Quand on l’aura couronné de sa belle flèche de 90 mètres, ce monument sera un vrai chef-d’œuvre d’architecture gothique.

Pénétrons dans l’intérieur pour compléter la description du monument. Le maître-autel de pierre blanche est décoré d’un bas-relief : le Christ, portant une hostie de la main droite, et sa croix de la gauche. À ses côtés, les sacrificateurs de l’Ancien Testament : Abel, Melchisédech, Abraham et Aaron ; sept vitraux éclairent le chœur ; ils sont comme le résumé historique de la Rédemption et ont été donnés, comme la plupart des autres belles verrières de l’église, par la famille Saint-Olive. On voit de gauche à droite : 1° Adam et Ève chassés du paradis terrestre ; 2° l’Annonciation ; 3° l’Adoration des Mages ; 4° la Mort de Jésus et sa Résurrection ; 5° l’Ascension ; 6° saint Jean qui communie la Sainte-Vierge ; 7° la Résurrection des morts et le Jugement dernier. Dans l’abside se