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histoire des églises et chapelles de lyon

maison contenait des logements pour trente religieux. Deux pères qui étaient en mission revinrent peu après et gardèrent, comme les autres, la clôture tant qu’ils purent, c’est-à-dire jusqu’aux premiers jours de 1792. Ils se dispersèrent alors. Le couvent des Picpus était mort ; il ne ressuscita pas après le Concordat.

Quant à la chapelle des religieux, dont Crepet a laissé un dessin dans sa notice sur la Guillotière, elle n’avait rien de remarquable. Lourde, étriquée, dénuée de justes proportions, conçue dans la manière de la fausse Renaissance du xviie siècle, prétendue classique, elle ne contentait pas plus l’art que la simplicité franciscaine. En 1802, au moment où l’église paroissiale de la Guillotière à laquelle elle devait succéder était démolie, elle se réduisait à quelques pans de mur. Ce qui en a survécu, en constituait sans doute tout son intérêt historique : par exemple cette pierre de refondation ou de continuation qui porte l’inscription suivante surmontée d’un écusson très naïf : « Le Ve d’août, l’on a continué le bâtiment de l’église fondamentée. Cette pierre a été posée par noble Marin Daussenis, bourgeois de Lyon, 1619. »

On prétend que le cloître et la salle capitulaire du couvent, où se tinrent plusieurs chapitres généraux du tiers-ordre régulier, possédaient un certain caractère architectural : c’est ce qu’assurent quelques écrits laissés par les religieux.


NOTRE-DAME-SAINT-LOUIS

La paroisse Notre-Dame-Saint-Louis ou Notre-Dame de la Guillotière est l’héritière de très anciennes églises qui desservaient le vaste territoire qu’occupent aujourd’hui les populeux quartiers de la Guillotière et des Brotteaux. Cette région s’appelait, au moyen-âge, mandement de Béchevelin, et s’étendait du Grand-Camp au Moulin-à-Vent et de Bron au Rhône. Il avait été prélevé sur le domaine des Allobroges et attribué, comme indemnité, aux colons Viennois réfugiés à Lugdunum. Aussi le Dauphiné réclama-t-il souvent Béchevelin pour sien. En 1725 seulement, un arrêt confirma deux sentences de 1479 et du 9 mars 1701, annexant le mandement à la ville de Lyon. Au spirituel Béchevelin, du diocèse de Lyon, appartint à l’archiprêtré de Meyzieu, jusqu’au xviiie siècle, où il fut réuni à celui des suburbes, dont le sacristain de Saint-Nizier était l’archiprêtré.

Au moyen-âge, la Guillotière dépendait de l’abbaye d’Ainay, et ses églises étaient, pour la plupart, des succursales de Saint-Michel, paroisse de cette abbaye.

Aussi haut qu’on puisse remonter dans l’histoire, ou trouve le mandement partagé entre deux églises paroissiales, celle de Chaussagne ou la Chesnaie, et celle de Béchevelin, Béche-en-velain ou Béchivelain ; la première située sur la route de Lyon en Italie par Bourgoin et le mont Genèvre, la seconde sur le compendium ou chemin abrégé de Lyon à Vienne.

La paroisse de Béchevelin remplaça, au moyen âge, l’église de Champagneu, aujour-