Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/295

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Guillotière. Ils n’étaient plus que neuf, pères et frères, dans leur vaste couvent ; ils le quittèrent moyennant une pension viagère, et se dispersèrent le 8 mai 1791. Dès le 13 mars, une déclaration du district de Lyon accordait au curé de Notre-Dame-de-Grâces l’église des ci-devant religieux Picpus, ainsi que la sacristie et le chœur qui se trouve derrière le sanctuaire ; un autre arrêté mettait à la disposition du curé toutes les chapelles situées sur la paroisse et nécessaires au culte ; enfin le transfert du service paroissial dans la chapelle abandonnée s’opéra, le 20 mars, en vertu d’une ancienne permission octroyée par le vicaire général Navarre, on le fit avec solennité ; on y vit la municipalité en corps, les notables, la garde nationale, une foule nombreuse. Le curé Midor avait d’abord prêté serment à la constitution civile du clergé ; plus tard il se rétracta, et fut remplacé par M. Menu, de Sury-le-Comtal, ancien vicaire de Vaise, qui disparut dans la tourmente. Le couvent fut vendu au citoyen Janvier, qui y établit une fabrique d’acides, tandis que la chapelle servait de grenier à foin.

Vierge de Fabisch (À Notre-Dame-Saint-Louis)

Outré de la résistance opposée par Lyon aux armées de la République, Dubois-Crancé et les représentants du peuple décidèrent de changer l’antique nom de notre cité en celui tout à fait ridicule de Commune-Affranchie ; d’enlever au département du Rhône-et-Loire le territoire de la Loire et d’en faire un département distinct avec Feurs pour chef-lieu ; de donner à l’Isère la commune de la Guillotière et de séparer celle de Cuire de la Croix-Rousse pour la relier à Caluire. La chapelle passa alors entre les mains de Michel Creuzet qui la revendit plus tard à la commune de la Guillotière, non sans avoir fait une donation d’importance pour la paroisse et la cure : la rue Creuzet conserve encore aujourd’hui le nom de ce généreux bienfaiteur. En 1802, M. Midor rentra dans son église, et, le 25 mars 1803, fit reconnaître la cure comme de première classe ; enfin, un décret de Napoléon, daté de Schœnbrun, le 15 octobre 1805, assurait à la commune de la Guillotière le logement du curé et des vicaires dans les bâtiments de l’ancien couvent. La nouvelle paroisse gardant son nom ancien de Notre-Dame, y ajouta, pour ne rien négliger du passé, celui de Saint-Louis, titulaire de la chapelle franciscaine, et ce double titre de Notre-Dame-Saint-Louis lui a été reconnu par décision du cardinal de Ronald, le 14 mars 1860. De