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histoire des églises et chapelles de lyon

navard. Le monument Cochet avait été conçu dès 1814 ; le retour de Napoléon en retarda l’exécution. Les travaux commencèrent en 1817, et la première messe fut célébrée le 29 mai 1819, dans la chapelle ménagée à gauche, et renfermant une urne sur laquelle on lisait ces mots : « Au fidèle Précy ». Tel était le tombeau de Louis-François Perrin, comte de Précy ; ce courageux citoyen né à Semur-en-Brionnais, le 7 janvier 1742, devint, comme on l’a dit, général en chef de l’armée lyonnaise en 1793 ; plus heureux que la plupart de ses compagnons, il avait pu se réfugier en Suisse ; il revint en France dès que les émigrés y eurent libre accès, et mourut à Marcigny-sur-Loire le 25 août 1820.

Monument des Brotteaux, nouvelle chapelle.

La chapelle expiatoire des Brotteaux, desservie jusqu’en ces dernières années par les pères Capucins, est désaffectée. La municipalité en a voté la démolition pour y faire traverser des rues ; aussi la commission des Hospices de Lyon, à qui appartient le terrain, et la commission du monument, pour prévenir l’injuste oubli dont seraient entourés les martyrs, suivant l’expression lyonnaise, ont-elles édifié, tout à côté, une nouvelle chapelle, aujourd’hui terminée, récemment ouverte au public, et sur laquelle il importe de donner quelques détails.

Cet édifice fait le plus grand honneur à M. Pascalon, architecte des hospices ; c’est une église de style romano-byzantin, surmontée d’une coupole du plus gracieux effet. Notre ville ne possède aucun édifice de style semblable, et il marquera dans l’histoire de l’architecture à Lyon.

La façade est ornée d’un porche soutenu par deux énormes piliers et couronné d’un fronton grec, décoré d’une croix de pierre. Plus haut, cinq vitraux éclairent la grande nef ; ils sont placés entre deux anges de vaste dimension tenant des inscriptions. Le haut de la façade est surmonté d’un immense fronton qui encadre le monogramme du Christ, et couronné par une croix de pierre. De chaque côté, une tour carrée termine heureusement la nef. Au-dessus du porche, on a placé l’inscription suivante qui fait connaître la destination du monument : « À la gloire de Dieu, à la mémoire des victimes du siège de Lyon en M.DCC.XCIII ». En entrant dans la chapelle, on est frappé de la simplicité sévère et d’ailleurs voulue qui convient à ce monument, destiné à rappeler des gloires funéraires.

L’autel est de pierre et sa table soutenue par quatre petits piliers ; il est dominé par une statue du Sacré-Cœur ; à la voûte de l’abside on a placé un grand crucifix. Dans