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histoire des églises et chapelles de lyon

nord, deux au midi, lesquelles sont absolument dénuées de toute fermeture. Le pavé est en partie en dalles et en partie en carreaux terre cuite ; le plafond est en lambris en forme de voûte surbaissée. » On excepte de la présente vente les objets intérieurs, tels qu’autels, tableaux, statues, meubles et le bénitier isolé. En août 1807, le culte de saint Roch fut transféré dans l’église paroissiale Saint-Georges, ainsi qu’en témoigne un acte ecclésiastique, indiquant que l’ancienne chapelle a été détruite pendant les troubles de la Révolution ; l’acte est signé de M. Allibert, pro-secrétaire, pour les vicaires généraux Courbon, Renaud et Cholleton.

Au souvenir de la chapelle Saint-Roch se lie étroitement celui de la fontaine de Choulans. R semble que le nom de ce territoire soit tiré du nom de la fontaine ou source qui coulait, avant la construction du chemin de Choulans, au milieu de la montée, vers Saint-Irénée, et que le plan de 1550 appelle Cholan. Plus anciennement, dans les actes de vente ou de limitation, c’était la fontaine de Siolan, vocable dont Paradin propose une étymologie plus que singulière. « R y avait une fontaine », écrit-il en 1573, « que les antiques documents et pancartes nomment Siloa fons ou Siloé, du nom de celle qui est en la Palestine, au pied du mont de Sion. De ce nom est demeuré un vestige dans la langue du vulgue, qui nomme cette fontaine Siolan. »

Le plus ancien titre connu où il soit question de la fontaine de Siolan, est un acte en latin du 12 mars 1470. Au cours des années 1549 et 1550, la ville de Lyon fit refaire à neuf le pavé « depuys le repositoire de l’eau de la fontaine de Choulans, tout le long du chemyn, par dessus les corps qui conduisent la dite eau jusque à l’hospital Sainct-Laurent, où la dicte fontaine va sortir, auquel lieu l’on met les pestiféreux ». En 1550 et 1551 elle fit réparer la fontaine « de l’hospital Sainct-Laurent-des-Pestiférés et le pillier qui soutient l’imayge de sainct Laurens, qui est le lieu où sort la dite fontaine, qui étoit rompu en divers lieux. »

Guillaume Paradin rapporte aussi qu’il y avait de son temps, près de l’hôpital Saint-Laurent-des-Vignes, « une arche antique », bâchasse de pierre creuse, servant à recevoir l’eau de la fontaine de Choulans. Cette arche était un tombeau gallo-romain, élevé sub ascia à une grande dame du nom de Tertinia Victorina par son mari et ses deux filles, comme l’attestait l’inscription.

En 1621, le consulat reçut une requête de Camille de Neuville, abbé d’Ainay, sollicitant une partie des eaux de la fontaine de Choulans, pour les conduire sur l’autre rive de la Saône et les employer à l’embellissement du jardin de l’abbaye. En souvenir des services rendus à la ville de Lyon par la famille de Villeroy, notamment par M. d’Halincourt, le consulat fit abandon gratuit à l’abbé d’Ainay, pour lui et ses successeurs qui appartiendraient à cette famille, de la totalité des eaux de Choulans, sauf pendant les temps de contagion, où ces eaux étaient destinées au service de l’hôpital Saint-Laurent affecté aux pestiférés. Aujourd’hui, la fontaine coule à vingt mètres environ au nord du château de Choulans ou maison des Tournelles, dont l’entrée est au numéro 38 du chemin de Choulans, dans l’enclos qui dépend de cette vieille habitation. R y a peu d’années encore elle sortait de terre, une trentaine de mètres plus haut à l’ouest.