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histoire des églises et chapelles de lyon

billy, en Saône-et-Loire, Chessy-les-Mines, Morancé, Sain-Bel, Lérigneux, un peu plus tard Limonest et les Ardillats. À Barcelonnette, elle fit construire un hospice pour les vieillards. Elle prêta ses sœurs au grand séminaire d’Ajaccio pour l’administration de l’infirmerie, de la lingerie et de la cuisine, et à l’école des Carmes de Paris pour les mêmes occupations. Mais c’est à Lyon surtout qu’elle se multiplia. Elle fonda, en 1851, dans cette ville, pour laquelle elle éprouvait une légitime prédilection, deux salles d’asile, l’une établie d’abord sur la paroisse Saint-Jean, puis rue Dorée, l’autre rue des Trois-Passages, sur la paroisse Saint-François. La même année, elle organisa une crèche où les religieuses gardent les enfants pour faciliter les mères pauvres travaillant au dehors. Pour suffire à cet heureux accroissement d’œuvres, elle dut agrandir la maison de Lyon, que mère Saint-Jean avait déjà augmentée d’un nouveau corps de logis ; elle acheta dans ce but un clos limitrophe, et lorsqu’on parut lui faire quelques remontrances sur son audace, elle alla de l’avant et n’eut pas à s’en repentir.

Chapelle des religieuses Saint-Joseph aux Chartreux.

En 1853, la Guillotière lui demanda des religieuses pour une salle d’asile, et Saint-Rambert-sur-Loire pour un hôpital, tandis qu’elle fondait, sans la vaine crainte de l’avenir, Magneux, Dompierre, Montbellet, Magnet, enfin un pensionnat à Vernaison. Cependant, elle se plaignait d’une ombre à ce beau tableau ; depuis longtemps, elle souffrait de l’exiguïté et de la pauvreté de la chapelle de la maison-mère. La mort de madame Tézenas l’ayant mise en possession de sa fortune, elle résolut de la consacrer tout entière, s’il le fallait, à cet objet qui lui tenait au cœur : « Je veux la simplicité pour la maison, dit-elle à l’architecte, M. Bresson, mais pour l’habitation de Dieu, il n’y aura rien de trop beau. Le cardinal de Bonald bénit solennellement la première pierre de la nouvelle chapelle, à la fin de 1833. L’édifice et les peintures qui le décorent ne furent achevées qu’après plu-