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franciscaines de sainte-marie-des-anges

et n’eurent plus désormais qu’un cœur et qu’une âme pour aimer, se dévouer et correspondre au zèle infatigable dont chaque jour voyait de nouveaux fruits. De l’exercice de la charité, ces nobles chrétiennes passèrent vite à la vie religieuse. La nouvelle communauté naquit le 2 août 1871, fête de la Portioncule ou de Notre-Dame-des Anges, à qui elle était dédiée.

Le Père Chrysostome Potton, fondateur des religieuses Franciscaines de Sainte-Marie-des-Anges.

Au noble cœur de leur fondateur et père, Dieu avait uni celui de Mlle Rurange, cœur non moins généreux et dévoué, qui, brisant tout ce que le monde a de plus séduisant, venait sacrifier au salut des âmes de belles espérances, les liens de sa famille et les plus pures jouissances du cœur. Fondatrice et supérieure, mère Marie Chrysostome de la Croix possédait la foi et le courage nécessaires à de telles entreprises. Capable des plus grands sacrifices, elle savait alléger le fardeau lourd à de faibles épaules, et rendre heureuses celles que le ciel lui confiait. Telles furent les deux âmes que Dieu plaça à la tête de ses enfants, et sous la conduite desquelles le devoir devint désormais facile et l’épreuve moins rude. Les trois religieuses dont on a parlé, réunies dans une modeste chambre, reçurent des mains de leur fondateur, le cordon de l’ordre séraphique, et le chapelet à l’aide duquel elles connurent la joie dans les tribulations et la force dans les épreuves.

Le 5 août, fête de Notre-Dame-des-Neiges, eut enfin lieu l’ouverture du petit monastère. Les travaux indispensables à l’établissement de l’orphelinat étant à peu près terminés, Mgr Freppel tint à bénir lui-même le berceau des humbles filles de Saint-François. Déjà huit petites filles, privées de l’appui paternel et réduites à implorer les secours de la charité, avaient été abritées, soignées et protégées. Ce jour, où Dieu couronna la foi et les efforts de ses fidèles servantes, la petite maison de la rue Saint-Eutrope avait changé d’aspect ; elle respirait un air de fête ; la cour et la chapelle, richement décorées par la piété des dévoués bienfaiteurs, annonçaient à tous la solennité du jour. Mgr Freppel fit son entrée dans la pauvre demeure de la Reine des Anges : il était accompagné du père Chrysostome, du curé de Saint-Laud, paroisse de la nouvelle communauté, et du Père Leduc, premier bienfaiteur de l’œuvre. Sa Grandeur célébra la première messe, bénit la petite maison et l’œuvre dont il se nomma désormais le bienfaiteur. Le Père Monsabré, religieux Dominicain, conférencier de Notre-Dame de Paris, prêta son concours à la fête. Sa voix éloquente retentit dans l’humble chapelle, appela sur les sœurs les plus précieux dons du ciel et rendit gloire au triomphe de la Reine de ces lieux. Après la cérémonie, les joyeuses orphelines se réunirent à la communauté pour offrir à Sa Grandeur la naïve expression de leur reconnaissance.