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histoire des églises et chapelles de lyon

lequel il ne sera pas inutile de donner ici quelques notes biographiques à cause du rôle important qu’il a rempli.

Jean-Claude Dartigue, né à Lyon en 1798, fut baptisé le 18 décembre dans l’église Saint-Nizier ; il était fils d’Antoine Dartigue, honorable médecin de notre ville. Il commença ses études au petit séminaire Saint-Jean el les acheva à Verrières. En 1814, il entra au grand séminaire de Lyon, et trois ans plus lard, devint professeur au petit séminaire de la Primatiale, où il séjourna quatre années. Devenu prêtre à vingt-trois ans, il conçut le projet de se vouer aux missions étrangères, mais il trouva, de la part de ses supérieurs, une vive opposition. M. Courbon, vicaire général, voulut le nommer supérieur du séminaire Saint-Jean, mais M. Gourdiat, curé de Saint-Poly carpe, l’obtint pour vicaire ; il demeura vingt et un ans dans cette paroisse. Durant ce vicariat, qui remplit la moitié de sa carrière, M. Dartigue se fit remarquer par une réelle perspicacité et un jugement sûr. Doué d’une extrême prudence, il se montrait pourtant d’une docilité d’enfant, au point que M. Gourdiat, l’appréciant à sa valeur, l’honora d’une entière confiance, en le chargeant de l’administration paroissiale. M. Dartigue s’appliquait surtout à instruire les ouvriers et les domestiques, par des prédications réitérées.

Quand, le 29 avril 1841, il fut placé à la tête de la paroisse Sainte-Blandine, il reçut pour vicaire l’abbé Verrier, devenu depuis curé de Charly. Tout était difficile dans l’œuvre qu’il devait accomplir : point d’église, de presbytère, d’école. Un bâtiment ayant l’apparence d’un entrepôt fut loué cours Bayard, et disposé en chapelle, après avoir été bénit, le 29 août 1841, par M. Barou, vicaire général. Le presbytère se trouvait au premier étage d’une petite maison. La population se composait en grande partie d’ouvriers travaillant dans des usines de gaz de houille ou dans des brasseries : deux casernes étaient également situées à proximité. Grâce à l’exercice d’un ministère incessant et à son dévouement personnel, M. Dartigue parvint à former un noyau paroissial très satisfaisant. Son ministère à Sainte-Blandine dura vingt années, de 1841 à 1861.

Aidé de M. Terme, médecin d’un esprit distingué et d’un libéralisme intelligent, il obtint, en 1842, du conseil municipal, les allocations nécessaires pour fonder une école de garçons qu’il confia à deux Frères des Écoles chrétiennes, et une de filles dirigée par deux sœurs Saint-Charles. Au bout d’un an, quatre cents enfants fréquentaient ces nouvelles écoles. L’année suivante, il établit une salle d’asile, dirigée par les mêmes religieuses. Avant 1848, une œuvre de dames de miséricorde avait été organisée ; plus tard, une sœur reçut la mission de veiller à la distribution des secours aux familles pauvres.

En 1847, M. Dartigue conçut le dessein de construire une église pour remplacer le local provisoire où avaient lieu les offices. Une commission fut formée pour diriger cette grande entreprise. La municipalité voyait ce projet avec faveur. De vastes terrains lui appartenant dans la presqu’île de Perrache, elle pensait qu’un tel édifice donnerait une plus-value sérieuse à ses propriétés. Un plan fut dressé et adopté par l’administration, mais il fallait un million pour l’exécuter. La commission qui avait reçu des sommes très, insuffisantes, fit creuser les fondations et amener des pierres de taille ; puis les travaux furent suspendus faute de ressources. Une députation du conseil de fabrique se rendit