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clercs de saint-viateur

À travers ces difficultés, on put dresser un règlement définitif, approuvé par le conseil archiépiscopal, le 11 décembre 1833, et suivi de l’approbation du cérémonial de réception, le 27 février 1834.

La gêne se fit alors sentir dans les affaires temporelles de la société naissante. Il avait fallu nourrir et vêtir les premiers sujets qui s’étaient présentés sans aucune ressource. Les dames Comte, mères et bienfaitrices de rétablissement, couvrirent les dettes par un don généreux de 8.000 fr. Dans le même temps, par les soins de M. Cholleton, il se forma à Lyon un bureau de recteurs temporels de l’œuvre Saint-Viateur, composé de MM. Cholleton président, de Verna vice-président, chanoine Desgarets secrétaire, Pater curé de Vaise, Coste notaire, Casali notaire, Magneval avocat, et Cosle agent de change. Ces messieurs s’adjoignirent plus tard MM. Garnier-Aynard, propriétaire, Greppo, ancien conseillera la cour royale, et l’abbé Derozzi.

Le Père Querbes, fondateur des clercs de Saint-Viateur.

Au moyen des souscriptions et des collectes du bureau, on acheta le château du Poyet près de Montbrison, on le meubla et l’on y fit les réparations nécessaires. Cette mesure avait été approuvée par le conseil de l’archevêché, qui se proposa de placer dans cette maison les prêtres âgés et infirmes, et qui en fut détourné par de nombreuses réclamations. Elle avait aussi été vivement conseillée par plusieurs membres de l’administration ecclésiastique ; on pensait que les vivres y seraient à meilleur marché et que les contrées voisines fourniraient un grand nombre de sujets. Cette résidence servit pendant trois ans de maison d’études. Mais l’événement trompa les espérances. « Nous reconnûmes », dit M. Querbes, « que les frais s’augmentaient par la difficulté des communications et la nécessite de fréquents voyages. Il nous sembla remarquer aussi, de la part des enfants qui nous arrivaient du pays, peu d’aptitude pour notre profession. La belle résidence du Poyet est abandonnée, il n’y a plus qu’un de nos aides temporels pour garder la maison. »

Parmi les réflexions critiques faites sur la société naissante, celle qui prit le plus de consistance avait pour objet la robe noire sans queue, sorte de soutane adoptée par les clercs de Saint-Viateur définitivement admis dans la société. M. Caltet se plaignit au conseil archiépiscopal et en l’absence de M. Cholleton, de certains faits, et il fut décidé que M. Querbes serait invité à adopter un autre costume. Cette détermination inspira au fondateur une vive inquiétude. Il prit la résolution de demander au Saint-Siège la confirmation des statuts de la Société, afin de les mettre à l’abri de tout changement. Il partit pour Rome, le 5 mai 1838, muni dune lettre de recommandation de Mgr de Pins ; le pape l’accueillit avec bonté. Les statuts, présentés au nom de Mgr d’Amasie, furent mis entre les mains du P. Rosaven, qui y fit quelques changements ; puis, sur le rapport du cardinal Angelo Maï, la congrégation des évêques et réguliers rendit, le 21 septembre 1838, un décret portant approbation des statuts ; le même jour Sa Sainteté donna l’ordre