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histoire des églises et chapelles de lyon

d’expédier des lettres apostoliques. Cet acte important parut le 31 mai 1839, grâce aux soins de M. Garnier-Aynard qui se trouvait à Rome, et qui lit tous les frais nécessaires.

Dès lors M. Querbes songea à faire disparaître tout ce que l’état provisoire de la société avait laissé subsister jusqu’à ce moment. Les clercs de Saint-Viateur comprenaient que la société ayant été mise au nombre des congrégations légitimement établies dans l’Église de Dieu, et qu’ils devaient remplir les conditions imposées pour l’entrée en la vie régulière ; ils demandèrent donc qu’on ouvrît au plus tôt le noviciat sous la direction d’un Père Jésuite, et, s’il était possible, du Père Brumauld, qu’ils avaient eu l’occasion d’apprécier. Cette demande ayant été favorablement accueillie par le Père Général, l’un des clercs fut envoyé au noviciat des Jésuites d’Avignon pour se former aux fonctions de maître des novices ; enfin le noviciat s’ouvrit à son retour.

Plus tard, l’abbé Faure, prêtre et catéchiste de la société, alla ouvrir et diriger un juvénat à Nevers, par suite de la donation d’une maison faite par M. le vicomte de Maumigny, et lorsque les souscriptions eurent fourni aux besoins de la maison.

Cependant la congrégation passait par une rude épreuve de pauvreté, conséquence des pertes causées à Lyon par les inondations de 1840. Voici comment M. Querbes s’exprime à ce sujet : « Nous avions bon nombre de novices, excellents sujets, reçus gratuitement à ce titre. L’été s’était passé comme à l’ordinaire, en supportant nos charges et en attendant avec impatience le retour de l’hiver et de M. de Verna, pour reprendre les assemblées du bureau de nos recteurs et la collecte de nos souscriptions et de nos bourses. Mais l’inondation vient tarir la source des dons de la charité publique et privée, abattre et décourager le zèle, et nous obliger, je le dis avec douleur, à renvoyer ceux de nos novices qui ne paient pas leur pension. Nous avons 28.000 francs de dette fixe, laquelle est reconnue par le bureau de nos recteurs temporels. Nos dettes courantes s’élèvent, en outre, à la somme de 7.000 francs. Malgré les charges énormes de cette année, ces dettes ne se sont point augmentées. Pour faire face aux dettes passées, le bureau avait, sur ma proposition fait imprimer des billets à distribuer pour obtenir des dons de 50 et de 100 francs. Pour nous créer des ressources pendant quelques années à venir, on avait également dressé des feuilles de souscription dont chacune formait une bourse de 500 francs. On en avait déjà distribué un certain nombre. Ont-elles été remplies ? Nous avons mis en vente le château du Poyet et une maison sise à Panissières. La première propriété vaut 15.000 francs, la seconde 5.000 francs. Le château du Poyet conviendrait pour une maison de retraite et de refuge pour quelques ecclésiastiques qui auraient besoin de se dérober au monde, tandis que d’autres trouveraient à Fourvière un repos honorable, en qualité de chapelains ou de chanoines de cette insigne chapelle. La maison de Panissières conviendrait pour les sœurs de Saint-Charles du même lieu. »

Nous ne savons quelle réponse fut donnée par l’administration ecclésiastique aux desiderata du respectable prêtre. À ce moment la société se composait de cinq catéchistes majeurs ou du premier rang, dont deux prêtres ; de douze catéchistes formés ou du second rang, les uns et les autres ayant fait des vœux perpétuels. Il s’y trouvait, de plus, dix-huit catéchistes mineurs ou du troisième rang, au nombre desquels un prêtre, ceux-