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lazaristes

venu Séraphin de Mauroy, conseiller du roi, constitué caution pour les sieurs et dame de Langeron, de la rente. Outre, le donateur transporte à la congrégation, sous l’acceptation du sieur Aimeras, les arrérages dus et échus de la rente depuis le 10 juin dernier.

« La présente donation est ainsi faite pour être employée au commencement de l’établissement d’une maison de la Mission à Lyon, qui sera composée de tel nombre de prêtres qui sera jugé à propos par le supérieur général, et à proportion du revenu de la fondation qu’il a dessein d’augmenter avec le temps, tout autant qu’il pourra, pour donner lieu aux prêtres de faire plus facilement leurs fonctions dans le diocèse. Le tout sous le bon plaisir et l’agrément de monseigneur l’archevêque de Lyon. » Afin de faciliter cet établissement qui est irréalisable si les missionnaires n’ont pas un logement dans notre ville, le donateur « promet de fournir au sieur Aimeras, dans deux ans, et même plus tôt, la somme de 10.000 livres, pour être employée à l’acquisition d’une maison à Lyon, propre à loger les prêtres. Et, jusqu’au payement de la somme de 10.000 livres, le donateur payera 500 livres par an, du jour que les prêtres auront pris à loyer une maison à Lyon ; pour laquelle meubler le donateur a présentement fourni au sieur Almeras la somme de 1.000 livres, en louis d’or, louis d’argent et monnaie ».

Deux mois après cette donation, le 29 octobre 1668, le supérieur de la Mission acceptait l’offre de M. Chomel, et recevait de celui-ci la somme promise de 10.000 livres pour l’achat de la maison nécessaire aux prêtres missionnaires. On n’avait pas négligé de s’assurer des dispositions de Camille de Neuville, archevêque et comte de Lyon, qui, le 14 novembre, confirmait l’établissement à Lyon des prêtres de la Mission, en donnant d’intéressantes explications, utiles à rappeler ici. « Bien que », dit-il, « par l’établissement que nous avons déjà fait, en notre diocèse, de deux séminaires et de deux communautés de prêtres missionnaires, nous ayons tâché de procurer aux ecclésiastiques de notre diocèse, et, par eux, aux peuples commis à notre charge, la connaissance et les instructions nécessaires pour leur salut, nous croyons néanmoins qu’il est encore de notre soin pastoral d’augmenter, autant que nous pouvons, le nombre de ceux qui, par la dispensation de l’évangile et la pratique des vertus, peuvent enseigner utilement les devoirs chrétiens, et insinuer dans les cœurs l’amour de Dieu. C’est dans cette vue qu’étant pleinement informé de la capacité, du zèle ardent et de la vertu exemplaire des prêtres de la congrégation de la Mission, dûment autorisée par les souverains pontifes, et des grands secours spirituels qu’en reçoivent plusieurs diocèses où ils sont établis, tant pour les séminaires que pour les missions ; vu la requête à nous présentée par René Aimeras, supérieur général de la congrégation, par laquelle il nous a exposé que Pierre Chomel, prêtre et ci-devant conseiller au parlement de Paris, avait, par un saint mouvement, formé le dessein de donner commencement à un établissement de cette congrégation à Lyon, nous, archevêque et comte de Lyon, avons, pour la plus grande gloire de Dieu et l’avantage de notre diocèse, permis l’établissement en cette ville d’une maison des prêtres de la Mission, pour y vaquer par eux les fonctions de leur institut, et y faire un séminaire ecclésiastique dans la ville et des missions gratuites dans les villages où le besoin le