Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/50

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
8
histoire des églises et chapelles de lyon

de laisser en permanence les autels garnis de chandeliers et autres objets ; Saint-Just persévéra jusqu’à la Révolution dans l’ancienne pratique.

Tout Lyonnais sait que les deux croix processionnelles, fixées derrière l’autel majeur, sont pour rappeler l’union des deux Églises grecque et latine, prononcée au Concile de 1274 : les croix des deux clergés entrées de front dans la basilique y avaient été déposées en témoignage perpétuel d’union. Ce qu’on sait moins, c’est pourquoi, les jours de fête, un septième chandelier est placé sur l’autel, derrière la croix du centre. Autrefois, au milieu du chœur, s’élevait un rastelarium, râtelier, porté sur deux colonnes et garni de sept cierges : c’est en souvenir de ce luminaire, particulier à l’église de Lyon, que sept flambeaux sont placés sur l’autel.

Près de l’autel s’élevait le mausolée du cardinal de Saluces mort en 1419. Ce superbe monument, en marbre et albâtre, détruit par les protestants en 1562, ne comptait pas moins de dix-huit figures, dont un Dieu de majesté à qui la Vierge Marie présentait le défunt agenouillé. Ce genre de tombeau était rare à Lyon, où l’usage était de marquer les sépultures par une simple dalle gravée. Du reste les quelques tombes monumentales qu’on voyait dans nos églises, étaient en mémoire de personnages n’appartenant pas à des familles lyonnaises.

La rose au-dessus du chœur a subi de maladroites réfections. Sur les huit médaillons qui la composent, trois seulement sont anciens : ils représentent le Père éternel et deux patriarches. Des deux roses du transept, celle du nord a pour sujet les bons et les mauvais anges, celle du midi le cycle des deux Adam. Quant aux vitraux des fenêtres, ce sont des œuvres modernes, ceux du haut, simples pastiches des vitraux de l’abside.

Avant de quitter le chœur, donnons un regard aux statues de saint Jean et de saint Étienne, dues au ciseau de Blaise qui les avait faites pour décorer la grande salle de la nouvelle Manécanterie, et contemplons un instant la belle rose de la façade, œuvre du xve siècle, où le verrier Henri de Nivelle a reproduit la vie des mêmes saints Jean et Étienne.

Passons à la visite des chapelles. À gauche la chapelle absidiale de la Vierge, autrefois sous le vocable de saint Pierre. Le vitrail du fond, précieux ouvrage du xiie siècle et surmonté d’une rose à sept lobes, retrace la vie du prince des apôtres. À droite, la chapelle de la Croix, autrefois dédiée à Notre-Dame du Haut-Don, est éclairée, au levant par une rose à quatre feuilles et un vitrail moderne, au midi par deux verrières du xiiie siècle figurant les patriarches antérieurs au déluge.

Dans le retrait que formait une ogive dont on voit la partie supérieure, s’élevait autrefois, contre la paroi orientale du transept sud, une chapelle dite de la petite Madeleine. Louis de Bourbon tué à la bataille de Brignais, en 1362, fut inhumé devant l’autel. La chapelle a disparu pour faire place à la porte de la grande sacristie, lorsqu’on l’a construite au xviiie siècle : c’est dans cette sacristie que se conserve le trésor, riche en objets anciens du culte; nous y reviendrons pour en faire une description sommaire.

À côté, se trouvait la chapelle de la Grande Madeleine : d’où le nom de la Madeleine donné à la tour méridionale qui s’élève au-dessus. On voyait encore dans cette partie