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histoire des églises et chapelles de lyon

voyait au côté gauche de l’autel. La statue a été détruite, et les délicates dentelures, où s’enlacent la vigne et le chardon, portent les traces de mutilations nombreuses. Par malheur l’obscurité ne permet pas d’apprécier tous les détails de cette élégante décoration ; à peine découvre-t-on la tribune, à balustrade ajourée, qui a été ménagée dans l’épaisseur de la muraille, en retour d’équerre au couchant et au midi. Un tableau quelconque se trouve au-dessus de l’autel : mais fût-il un chef-d’œuvre, ce serait autant de perdu, car, en dehors du transept, Saint-Jean manque de la lumière qui est indispensable pour la mise en valeur et même pour la conservation des peintures. Une Cène, de l’école de Jules Romain, se voyait autrefois dans cette chapelle, et un Christ au tombeau, de Piérino del Vaga, dans celle du Saint-Sépulcre : ces deux toiles, citées entre les meilleures que possédait la cathédrale, ont disparu pendant la Révolution.

Le chœur d’hiver des chanoines, en contre-bas de huit marches, occupe les cinq travées encore existantes de l’ancien cloître. Les arcades de gauche s’ouvraient sur un préau qui fut recouvert en partie par la chapelle des Bourbons ; les portiques qui longeaient l’église tombèrent du même coup ; le reste disparut en 1753, pour faire place à la nouvelle Manécanterie. Ce cloître était le lieu ordinaire de sépulture des chapelains ou perpétuels : trois inscriptions qui subsistent font connaître les noms de quelques-uns d’entre eux, tous morts dans un âge avancé, dont un à quatre-vingt-dix-huit ans.

Une toile représentant les Pèlerins d’Emmaüs accuse la main de Philippe de Champaigne. Au-dessus de la porte qui met en communication le chœur avec la nef sud, se voit une Circoncision, œuvre française du xviiie siècle ; en retour, surmontant le tambour de chacun des deux portails collatéraux, une Adoration des Mages et un saint Dominique.

En remontant la nef du nord, on rencontre d’abord la chapelle des fonts baptismaux, autrefois dédiée à la Vierge et à saint Antoine, par l’archidiacre Antoine de Gibertès, en 1622. Ce sanctuaire est de peu d’intérêt, ainsi que les deux suivants : la chapelle Sainte-Anne, vouée, vers 1617, par le doyen Jean Meslet, à Notre-Dame et à saint Jean-Baptiste, et la chapelle Saint-Joseph, édifiée par le doyen Claude Caste, à la fin du xve siècle, en l’honneur de saint Denis, martyr, et de saint Austrégisile, abbé de Saint-Nizier. Il est bien peu d’autels dans les églises de Lyon, qui, au rétablissement du culte, aient été replacés sous leur ancien vocable. Tant il est vrai que, même pour les saints, la stabilité n’est pas de ce monde.

Dans la chapelle, autrefois dédiée à saint Jean-Baptiste, se voyait une toile de Leblanc : la Vierge ayant à ses pieds un saint Jean et un chanoine — sans doute le donateur — en costume du temps. Le retable est maintenant orné d’un tableau qui pourrait bien être du Poussin : la Femme adultère, singulièrement placée au-dessus d’un autel voué à Sainte-Anne.

Un passage reliait les deux églises, Saint-Jean et Saint-Étienne : on en a fait la sacristie paroissiale. À la suite se trouvait une chambre qui servait de trésor aux custodes de Saint-Étienne, communiquant avec la nef collatérale par une porte élégante et recevant la lumière extérieure d’une baie en forme de fleur de lis. Cette coquette