Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/65

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
21
la primatiale et ses annexes

seulement en 1468 que le cardinal Charles de Bourbon entreprit la construction d’un hôtel. Il n en reste qu’une tour carrée qu’on aperçoit au milieu des bâtiments actuels et la petite tourelle qui est dans l’angle de l’ancienne place Montazet. Ce devait, d’ailleurs, être d’une importance médiocre comme ampleur et comme architecture. La résidence qui existe actuellement date du xviie siècle ; bien que restaurée et complétée par Soufflot, sous le cardinal de Tencin, les dehors en sont assez banals.

Le cloître renfermait vingt-deux maisons canoniales, portant les unes le nom du dignitaire qui l’habitait, les autres le nom de celui qui l’avait léguée au chapitre. Plusieurs sont encore debout : l’hôtel de Chevrières maintenant occupé par le petit séminaire ; la Chantrerie prenant son entrée place Saint-Jean, n° 4, mais située sur la rue Tramassac ; la maison de Gaste, place Saint-Jean, n° 5 ; la maison de Fougères, n° 6 ; la Précenterie à la suite ; la Prévôté de Fourvière, qui fait l’angle de la rue Saint-Jean ; enfin la Chamarerie, rue Saint-Jean, 37, charmant logis des premières années du xvie siècle, bâti par le chamarier François d’Estaing, sur l’emplacement d’une maison léguée en 1345 par un de ses prédécesseurs, Perceval de La Palud : c’est dans la cour de la Chamarerie que se trouvait le puits attribué à Philibert de L’Orme, transporté au Musée de la ville.

Les lieux ont changé, mais davantage encore la vie extérieure du quartier qu’enfermait le mur du cloître. Là se trouvait comme une cité ecclésiastique où le nombreux clergé des trois églises circulait en habit de chœur. Lorsqu’un prêtre ou un clerc sortait du cloître, il déposait sa froche ou surplis à la porte Frau ; un chanoine ne pouvait sortir qu’à cheval.

Les entrées solennelles des princes et des prélats, leur séjour à l’archevêché apportaient de temps à autre un redoublement de vie dans cette enceinte. Aux offices quotidiens, célébrés dans les trois sanctuaires, s’ajoutaient fréquemment des processions extérieures, majestueuses par la pompe des costumes et le nombre des officiants. En tête flottait la bannière au Lion, symbole héraldique du comté, avec cette fière devise : Ecce leo Juda. Maintenant, c’est le calme, le silence, presque la solitude. Mais à certains jours la vieille basilique reprend de sa vie d’autrefois. Dès la veille, la voix d’airain du bourdon, planant sur la cité, a entonné son hymne puissante ; les fidèles accourent et se pressent dans le temple ; les sombres arceaux s’étoilent de lumières, et parmi les vapeurs d’encens, monte la prière de tout un peuple réveillant sous ces voûtes plusieurs fois séculaires, l’écho des liturgies anciennes et l’âme de vingt générations d’aïeux !


BIBLIOGRAPHIE

dressée par ordre chronologique

SAINT-JEAN

Archéologie lyonnaise, les stalles et boiseries de Cluny la cathédrale de Lyon, les chartes et la bibliothèque de Cluny, le cabinet des antiqus et le médaillier du collège de la Trinité, le médaillier de l’Hôtel de Ville, le médaillier d’Adamoli, le médaillier des Grands Augustins, par L. Niepce. Lyon, Georg, sans date, in-8.

Notes sur la liste des doyens de l’église métropolitaine de Lyon du xve au xviiie siècle, par G. Guigue. Lyon, imp. Hey, sans date, in-8, 19 p.

Publicvm scriptum de fundatione ecclesiæ Lugdunensis, s. l. n. d., in-8, 13 p.

Quincarnon, Les antiquités et la fondation de la métropole des Gaules, ou de l’église de Lyon et de ses chapelles, avec les épitaphes. Lyon, sans date, in-12.