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histoire des églises et chapelles de lyon

l’on recevait les jeunes filles de familles aisées qui recevaient une instruction conforme à leur position sociale : le pensionnat était pour la communauté une source de revenus et on espérait faire des recrues parmi les jeunes filles qui s’y trouvaient.

Cependant la communauté, bien que n’ayant pas encore reçu l’autorisation et l’institution canoniques, continuait à se développer. En 1822, elle comprenait une cinquantaine de sujets, en plus des orphelines et des pensionnaires ; elle put dès lors songer à installer de nouveaux établissements. Des dames qui dirigeaient un pensionnat de jeunes filles à Belleville, demandèrent l’aide des sœurs de Jésus-Marie. Deux d’entre elles, envoyées à Belleville, apportèrent au pensionnat une sève nouvelle ; toutefois, en 1829, elles durent se retirer devant des autres religieuses appelées dans la même localité pour s’occuper de l’éducation de la jeunesse.

En 1823, un nouvel établissement fut fondé à Monistrol à la suite de circonstances qu’on va rappeler. M. l’abbé Coindre avait été nommé Supérieur des Missions du diocèse de Saint-Flour qui comprenait aussi le département de la Haute-Loire ; ses nouvelles occupations ne l’empêchèrent pourtant point de s’intéresser à la Congrégation dont il avait dirigé les débuts : il demanda à l’autorité ecclésiastique la permission d’établir dans le diocèse les Dames de Jésus-Marie. La demande fut favorablement accueillie, et en 1822, cinq religieuses partirent de Fourvière pour fonder l’établissement de Monistrol. L’année suivante, profitant de la bonne impression produite par ces dames, l’abbé Coindre écrivit à Mgr l’évêque de Saint-Elour pour lui demander l’autorisation d’ériger les dames en Congrégation régulière ; et, dans ce but, adressait au prélat un exemplaire du règlement. La réponse ne se fit pas attendre : elle accordait toutes les permissions nécessaires : M. Coindre était nommé Supérieur de la Congrégation et autorisé à recevoir les vœux des sœurs. La bonne nouvelle fut vile communiquée à la maison de Lyon, et quelques jours après, Mlle Thévenet et ses compagnes se mettaient en route pour Monistrol. À la suite d’une retraite, elles prononcèrent les vœux et revêtirent le costume religieux. Cette institution canonique donnée aux constitutions de la Congrégation fut authentiquement approuvée, en 1848, par Mgr de Pins, administrateur du diocèse de Lyon.

Cependant l’établissement de Monistrol prospérait et devenait important : Mgr de Bonald, alors évêque du Puy, témoin du bien accompli par les religieuses, les invita à venir s’établir dans la ville épiscopale. Les sœurs déférèrent au désir du prélat et dans le courant de 1823, prirent possession de la superbe résidence préparée par l’évêque protecteur. Celui-ci estimait avec raison qu’elles seraient à même de faire plus de bien, et que leur pensionnat prendrait plus d’importance, s’il était placé dans une ville populeuse. Le nombre des pensionnaires devint, en 1834, si considérable que le vaste local occupé jusqu’alors, fut insuffisant. Avec l’assentiment de Mgr de Bonald, qui s’intéressait sérieusement à cette œuvre d’éducation de la jeunesse, une propriété fut achetée avec un vaste enclos qui permettait toutes les constructions nécessaires.

À l’exemple de la maison du Puy, celle de Lyon voyait augmenter le nombre des pensionnaires et des orphelines. À une certaine époque, il y eut même trois pensionnats distincts, et la maison de Fourvières acquit une réelle réputation pour l’éducation soignée