Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/162

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histoire des églises et chapelles de lyon

révérend père Humbert Louys Dupuget, religieux profes de lordre de St Ruf, soubs la règle de saint Augustin et prieur du prieuré convantuel de céans, en luy remonttrant que, pandant ceste sainte Octave, leur maison estoit fournye des plus fameux prédicateurs de tous leurs ordres… Ce considéré, l’on a treuvé à propos de choysir… huict des plus zélés au service de la ditte Vierge pour faire la dicte fonction… Le texte de Lecture à la ditte prédication a esté faict et deduict par le reverend père George de Langes, gardien de Moullin, sur lescellance et admiration du saint Chandellier d’or pur et fin, duquel traicte Zacharie le prophete en son cap. iv… — Apprès a suivy, le landemain,… le révérend père Emanuel de La Richardy, gardien de Ryon, lequel a traictté… de l’une des sept lamppes du dit chandellier appellée pacifica ; après, le reverand père Lhoreaux de Tyzy, gardien de Beaune, lequel a traicté de la seconde lampe, appelée sanitas ; appres, le revérand père Florentin de Saint-Germain, gardien de Mascon, lequel a traicté de la troyziesme lampe, appellée vita indeficiens ; appres, le revérand père Aggatange de Saulieuf, gardien de Villefranche, lequel a traicté de la quattrième lampe appellée splendor ; appres, le revérand père Jehan Anlhoyne de Romand, gardien de Tornon, lequel a traicté de la cinquiesme lampe appelle seminatrix grattie ; appres, le revérand père Jehan François de Collombier, discret de Cremyeu, lequel a traicté de la sixziesme lampe appellée expultrix malorum : appres, le reverand père Davallon, gardien de Montbrison… lequel a traicté de la septiesme lampe, appellée evectrix sensuum carnatiium ; et le tout avec une si grande piété et devotion, que cela a attiré presque tous les habitans de la ville de Lyon : lesquels ont esté tous si satisfaict, qu’ilz ont souhaitté avec palion qu’il plut à la divine majesté faire naistre, touttes les années, semblables occasions, pour davantage faire paraistre les mérittes de la très immaculée Vierge Marie, contre loppinion fausse et herroné des herectiques calvinisttes : lesquels ont admiré les grandeurs des mérittes de la très saincte Vierge Marie contre leurs proppres sentimentz et oppinion, pour avoir esté auditeurs pandantz toutte la sainte Octave des susnommés predicateurs. »

En 1663, la prédication de l’Octave fut confiée au père Guillaume Raynaud,des Frères Prêcheurs, qui réunit ses sermons en un curieux petit opuscule intitulé : Le livre du Verbe mis au iour dans la naissance de Marie mère de Dieu, expliqué pendant l’Octave de sa Nativité.

Lorsque Lyon, en 1562, tomba aux mains des Protestants, le prieuré et l’église de la Platière n’échappèrent pas au sort commun des établissements religieux. Une supplique, dont le texte nous a été conservé, adressée à « Messeigneurs les Présidens et Conseillers du roy, nostre sire et commissaires députes par icelluy pour la pacification des troubles » par Étienne de Rivoire, chanoine de Lyon et prieur de La Platière, renferme d’intéressantes indications sur le personnel, l’église, les chapelles, les ornements sacrés et sur tout le petit tènement du prieuré. Les religieux et prêtres séculiers attachés à l’église étaient au nombre de dix-huit. « L’église était fort antique, meublée pour le divin service, savoir de plusieurs beaux et riches ornements et parements d’autels, chapes, chasubles, tuniques de drap d’or, toiles d’argent, velours cramoisy, satin cramoisy, velours, tafetas fort riches, amicts, nappes, serviettes, plusieurs calices d’argent valant le tout plus de dix mille