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histoire des églises et chapelles de lyon

sente la Nativité de la Vierge ; la seconde qui appartient à M. Dupuy, toute peinte par Périé ; la troisième appartient aux maistres moliniers de soye, où il y a un tableau qui représente l’Assomption de Nostre-Dame, peint par Adrien d’Assié. » Clapasson,en 1741, complète ainsi la description de l’église : « Elle est d’une construction fort ancienne, le sanctuaire a été embelli sur le dessein de Blanchet quia peint les cinq tableaux qui s’y voyent ; la famille sainte en figures à demi-corps, dans une chapelle du côté de l’épître, est un bon ouvrage d’Alexandre Varotari, de Vérone. »

Le prieuré et ses dépendances immédiates s’étendaient sur un vaste emplacement, au nord de l’église. Le prieur Humbert-Louis du Puget avait fait construire, en 1633, de forts beaux immeubles rue Lanterne, démolis lors de l’élargissement de cette rue. Les ressources ne devaient point manquer aux chanoines de Saint-Ruf, qui liraient de bons loyers de plusieurs maisons ; il y avait aussi de nombreuses fondations de messes, établies par d’importants personnages inhumés dans l’église et dans le cloître. La famille de Masso, dit M. Emm. Vingtrinier (Lyon de nos Pères), avait fondé la chapelle du Saint-Esprit pour y établir la sépulture de ses membres. Les chapelles de confréries et de corporations étaient richement dotées. Le 21 septembre 1637, le même Louis-Humbert du Puget concédait, moyennant 18 francs de rente annuelle, aux maîtres gantiers et parfumeurs « désirant conserver leur dévotion à sainte Anne, leur patronne, la chapelle ci-devant appelée Saint-Maurice, à présent vide, n’ayant que les murailles ». Par un autre accord du 2 novembre suivant, le prieur s’engage à faire lambrisser la chapelle et à édifier une arcade de pierre à l’entrée (nous avons vu plus haut que l’ex-chapelle Saint-Maurice était hors de l’église) ; de plus « il sera permis de faire mettre les armoiries d’iceux gantiers aux lambris et audit sieur prieur les siennes à la clef de l’arcade en entrant ». La redevance annuelle est alors fixée à 20 livres.

Les cures qui dépendaient autrefois d’un chapitre, d’une abbaye ou d’un prieuré, étaient généralement desservies par des prêtres séculiers aux gages des curés primitifs. Un de ces ecclésiastiques, Pierre Millet, qui remplit les fonctions de curé de La Platière, de 1629 à 1651, en qualité de vicaire perpétuel, nommé par le prieur, a laissé de très curieuses notes sur la vie intérieure du prieuré et de la paroisse pendant une vingtaine d’années. Rédigées sous la forme de journal ou d’éphémérides, écrites au jour le jour sur les registres paroissiaux de La Platière, conservés aux archives municipales de Lyon, elles mentionnent aussi les événements divers qui se passaient dans la ville. Ces notes ont été publiées, en 1888, par la Société des bibliophiles lyonnais ; imprimées à petit nombre, pour les seuls membres de cette compagnie, elles ont presque toute la saveur de l’inédit ; nous y avons puisé largement.

En 1635, le 6 juillet, « Il est arrivé un tourbillon de vens avec une pluy remplie de greslle si effroyable que la moindre ressambloit à un œuf de pigeon » ; le 15 septembre 1639, arrivée de Louis XIII ; 3 octobre 1640, réjouissances pour la naissance du duc d’Anjou ; 12 septembre 1642, supplice de Cinq-Mars et de Thou sur la place des Terreaux ; 5 septembre 1646, pose de la première pierre de l’Hôtel de Ville de Lyon.

Revenons à La Platière : Le 6 juillet 1631, Germain Barro remplace comme sacristain