Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/166

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histoire des églises et chapelles de lyon

aultre petitte croix douée par feu M. le prieur de céans Humbert-Louys Dupugel, du prix de 60 livres ou env. ; un benestié dargent avec lasperges aussj dargent, doné par noble Claude Combel, capitaine du carlier de la Pescherye, du prix de 50 escus ; deux chandelliers dargent du prix de 50 escus les deux… ; un ansanssoir avec la navette et culier d’argent, du prix de 100 livres… ; une coronne dargent du poids de 40 liv. ou env. L’an 1650 le cinquième jour du moys de janvier, entre six et sept heures du soir, le Sr Faure, marchand chappellier résidant à la rue de la Lenterne,… m’eslaut venu appeler pour aller soupper avec M. Nesme bourgeois de Lyon ; par grâce specialle de la divine majesté, lorsque jay esté dessandu de ma chambre, une lenterne en main, à cause de loscurité de la nuict, nous avons Ireuvé à la porte, à la faveur de ma lenterne, le benestié avec lensenssoir dargent, sauf que lencien et lasperges dargent ny sont pas : le tout concassé et enveloppé dans un linge fort salle ; le bon Dieu nous fera la grâce de treuver le reste qui a esté desrobbé a leglise de ceans. » Le 25 mars 1650 eut lieu la bénédiction, par Guillaume de Riverie, prieur de « la chapelle soubs le vocable de Nostre Dame de Pitié construitte et battye dans ceste église de Nostre Dame de la Plattyere, église parrochialle, aux frais et despandz de sieur Jehan-Mathieux Dupuis, italien de nation et a presant bourgeois de ceste ville de Lyon et capitaine lieutenant au cartier de la Pescherye. »

La paroisse de La Platière, à la fin du xviiie siècle, était fort étendue ; elle comprenait le vaste espace circonscrit de nos jours par la place de La Platière au midi ; la rue Lanterne, la rue Terme, la montée de la Grand’ Côte, la grande rue de la Croix-Rousse à l’est ; la rue du Nord et le passage de la Voûte, au nord ; la rue de l’Enfance, la rue Tourette, la côte des Carmélites, la rue du Sergent-Blandan et la Saône, à l’ouest.

À la Révolution, l’église de La Platière fut une des premières fermées au culte. Le 1er octobre 1791, M. Pressavin, officier municipal, à la tête d’une escouade de gardes nationaux, envahit l’église, ordonna à toutes les personnes qui s’y trouvaient de se retirer, procéda à la fermeture et se fit remettre les clefs. Les biens du prieuré furent vendus comme propriété nationale, en trois lots. Le premier qui se composait de l’église, du clocher, des chapelles, des sacristies, du petit cimetière et de la moitié du cloître fut adjugé 75.600 livres ; le deuxième lot fut adjugé 34.000 livres et le troisième 58.400. Le Directoire du district décide, à la demande du trésorier des pauvres incurables de la ci-devant paroisse de La Platière, que l’adjudicataire du troisième lot retiendra 6.457 livres représentant la perte pour la non-jouissance des locaux occupés par l’Œuvre des pauvres ; s’il les expulse, il sera tenu de verser cette somme au trésorier des pauvres (Charléty, Vente des biens nationaux, Lyon, 1906).

De l’église même, il ne subsiste plus rien. On lit à ce propos, dans la Revue du Lyonnais, livraison de février 1869 : « Les dernières traces de l’église de Notre-Dame de La Platière viennent de disparaître par suite de la démolition des restes de l’abside, que l’on pouvait encore apercevoir à l’angle des rues Lanterne et de La Platière ; les amateurs de vieux souvenirs, pendant que l’on mettait à bas ces antiques murailles de forme semi-circulaire, ont pu facilement observer les petites ouvertures à plein cintre rappelant le xie siècle (?) et chargées d’éclairer l’abside. »