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notre-dame de fourvière

et une invitation, qui ne fut probablement pas mieux exécutée que les précédentes, à une assiduité plus soutenue pour les stalles et l’autel.

Un des principaux auteurs de ces transformations, contresignées par Pierre de Savoie et par Milon, le doyen de Saint-Jean, fut un chanoine de Fourvière, qui l’était en même temps de Saint-Paul, Vincent de Quirieu. Pendant la plus grande partie de sa vie, il paraît s’être appliqué à augmenter le patrimoine de l’église par ses économies et par des acquisitions territoriales assez nombreuses. Il ne négligeait pas davantage sa part personnelle, et, quand tout fut au point qu’il désirait, il proposa une division en dix portions, réparties proportionnellement entre les quatre dignitaires existants et les six à créer qui leur seraient assimilés. Ses collègues se nommaient Jean Capel, Hugues de Verfay et David de la Verchie ; ils entrèrent dans la combinaison, en cédant chacun une partie de leur maison ; le cloître en renfermait quatre seulement : celles dites de l’archiprêtre de Courzieu et d’Anse, celles appartenant à Bernard de Quincieu et la dernière, à de Quirieu même. Les deux premières reçurent, chacune, trois locataires ; les quatre autres furent affectés à la troisième et à la quatrième.

On ignore si l’élection et l’investiture des membres nouveaux suivit immédiatement la promulgation de ces règlements, ou bien si elle fut retardée jusqu’à la mort de Vincent de Quirieu, qui s’était réservé, sa vie durant, l’usufruit des biens dont il disposait. Toutefois, avant 1275, le personnage avait disparu ; un peu plus tard, c’est-à-dire à la fin de juillet 1296, on constate que dix maisons viennent d’être rebâties aux frais et par la bonne volonté d’autant d’occupants, après que les précédentes avaient été détruites et rasées, pendant les guerres civiles entre les bourgeois et l’archevêque. Dans l’attribution, spécifiée pour chacune d’entre elles, nous trouvons l’occasion de constituer la première liste, au complet, du clergé de la collégiale ; peut-être quelqu’un sera-t-il bien aise de connaître ceux qui le composaient ; nous les relevons dans l’ordre où le Barbet les a placés : Jean de Milliaric, curé sacristain, Sancius de Lussan, Bernard du Bourg, Bernard de la Chazote, Hugues de Bayno, Mathieu de Cousant, Renaud de Langes, Louis de Montagnac, Dalmace, Hugues de Sarron.

Les noms des prévôts, qui ont gouverné dans cette époque obscure, ont été conservés pour la plupart ; certains seraient dignes d’un éloge particulier ; rappelons au moins le premier de la liste, Golfier, longtemps précenteur, sous-diacre au moment de son décès, survenu entre 1208 et 1209 ; Guillaume et Guy de la Palud, d’une puissante famille, dont l’un, archidiacre de Vienne, chanoine de Saint-Paul, entré à la Primatiale en 1209, testa le 19 juillet 1243, et l’autre, son neveu, ne fut pas comblé de moins de bénéfices. Après eux se succèdent Girard de Grandson, Guichard de Saint-Symphorien, qui souleva des murmures par ses empiétements, mais dont les réformes utiles tombèrent trop tôt.

Une collection de testaments trop rares, amplifiée par les annotations de l’Inventaire, fournit aussi quelques indications bonnes à recueillir ; elles nous permettent de remonter jusqu’aux sources les plus lointaines d’un patrimoine, qui ne s’étendit jamais beaucoup, mais dont les accroissements, même les plus médiocres, portent avec eux un signe de reconnaissance et de foi. Celui qui donna le premier exemple de ses libéralités in extremis fut