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histoire des églises et chapelles de lyon

bienfaits et charités que les pauvres de Lyon devaient recevoir, outre le grand nombre d’autres maisons religieuses, qui étaient déjà en cette ville, et qui avaient grand’peine à vivre ». Pourtant les échevins, en gens prudents, pour respecter la pieuse intention du roi, et sous l’assurance qu’ils ont que les Feuillants seront dotés comme ils le promettent, afin de n’être pas à charge à la ville, ni qu’ils puissent quêter, et sur l’avis favorable de Mgr d’Halincourt, consentent à l’établissement des Feuillants ; « sans qu’il puisse estre tiré à aucune conséquence pour l’avenir par aucun autre religieux ou religieuse de quelque sexe ou religion qu’ils soient ».

Voici donc les religieux en possession de l’autorisation du consulat ; ils s’empressent de signer l’acquisition de la maison sur laquelle ils avaient déjà jeté leurs vues. Ils achetèrent au prix de 12.000 francs une maison, un jardin et un verger à noble Jacques Dépure, sieur de Milaney, bourgeois de Lyon, dont la famille a laissé un souvenir historique dans notre cité. Ce tènement était situé rue du Griffon, territoire des Terrailles, paroisse Saint-Sorlin ; il contenait trois maisons, une écurie, deux jardins et un four ; ses limites s’étendaient à l’est du chemin tendant le long du Rhône, à la chapelle Saint-Clair ; au sud, de la rue tendant de la chapelle Saint-Claude au Rhône ; à l’ouest, les maisons et jardins du sieur Richard, le jardin du sieur Jean Ranquet, enfin au nord, la rue tendant de la place des Terreaux à la porte du Griffon au Peyrat.

Le prix de l’acquisition fut fixé, comme il a été dit, à 12.000 livres, payables en deux ans. Le vendeur posait, en outre, la condition qu’il lui serait permis d’édifier une chapelle dans l’église en construction, avec droit de sépulture pour ceux de sa famille.

La rue des Feuillants indique encore l’emplacement occupé par ces religieux. Le 26 août 1622, ils entrèrent en possession de la maison Ranquet. Peu à peu l’établissement s’agrandit, et, le 29 décembre 1627, ils achetèrent, au prix d’une rente de 39 livres par an, la place dite du Romarin, à Pierre Vellu charpentier et Antoine Genoud maçon.

Les Feuillants, bien accueillis de la population, ne lardèrent pas à recevoir d’importantes donations de la pari de généreux Lyonnais et même d’étrangers. C’est ainsi que, le 16 février 1628, ils héritèrent d’un revenu appelé la garde des petits sceaux, pour la fondation d’une chapelle dite des martyrs de Lyon. Cette donation fui faite par Michel Antoine Scarron, sieur de Vaures, conseiller du roi, son maître d’hôtel, trésorier de France en Dauphiné, demeurant à Paris, rue du Jouy, paroisse Saint-Paul. L’année suivante, le 22 mai, Barthélémy Olivier, avocat à la sénéchaussée et siège présidial de Lyon, légua aux religieux une rente de 375 livres, sur la succession Roville.

Quatre ans après, le 11 avril 1631, les Feuillants s’agrandissaient encore et achetaient, au prix de 1750 livres, la maison el le jardin d’Anne Gillier, femme de Floris du Rien, maison située au quartier Saint-Claude ou Terrailles. La propriété des Feuillants limitait avec celle de M. de Chavanes, et à la date du 27 novembre 1643, on trouve une transaction entre eux à propos d’un mur de pisé. L’enclos des religieux relevait en partie de la directe des chanoinesses de Saint-Pierre, et les Feuillants devaient, par contrat du 12 novembre 1644, leur payer 600 livres tous les vingt-cinq ans. Aussi chargés d’obliga-