Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/289

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maristes de puylata et de sainte-foy — sœurs maristes

délicate , timorée et ardente. Du séminaire Saint-Jodard , Jean-Claude passa à celui d’Alix. À dix-sept ans, il fut si malade qu’il faillit mourir et reçut l’extrême-onction. Il avait toujours été fort débile jusque-là, et ressuscita plus diminué encore de santé ; Dieu le voulait fragile de corps pour que les solides et grandes œuvres de son esprit et de son cœur ne parussent rien emprunter aux forces humaines.

Maison mère des Maristes à Sainte-Foy-lès-Lyon.

Après avoir achevé ses classes à Verrières, il entra au grand séminaire de Lyon, en 1813, à vingt-deux ans. Il était déjà rompu aux sérieuses pensées et aux difficiles vertus ; ses scrupules le ressaisirent néanmoins, mais il les vainquit aidé d’un directeur clairvoyant et énergique, et se jeta dans des excès d’études théologiques qui, de nouveau, faillirent briser sa frêle constitution. Dès l’année du sous-diaconat, il conçut nettement, sans que l’enseignement de l’histoire ou quelque circonstance du dehors l’y eussent conduit, l’idée de fonder une société de prêtres voués à Marie pour le soin des missions. Plusieurs de ses confrères acceptèrent l’idée, s’en entretinrent avec lui dans des conversations que présidait le plus distingué de leurs professeurs, M. Cholleton. L’un d’eux, l’abbé Courveille, trouva le nom de Maristes ; le supérieur appréhendant que ces réunions ne nuisissent à la paix de la communauté, les interdit, et on sen tint là pour l’instant. Mais les adhérents au grand dessein, comme ils s’appelaient eux-mêmes, ne se séparèrent pas, après leur ordination, sans aller ensemble se consacrer au service de Marie dans le sanctuaire de Notre-Dame de Fourvière. On conserve encore dans la vénérable chapelle l’acte écrit de leur promesse d’association.

Jean-Claude Colin célébra sa première messe le 26 juillet 1816, fête de Sainte-Anne, à Salles, petite paroisse du Beaujolais, où son frère Pierre était curé. Celui-ci, peu après, fut transféré à la cure de Cerdon, entre Pont-d’Ain et Nantua, paroisse qui relevait du diocèse de Lyon, parce que le diocèse de Belley n’avait pas encore été restauré. Le nouveau curé de Cerdon demanda et obtint son frère pour vicaire, et dès lors commença entre les deux jeunes prêtres une vie d’étroite union spirituelle que Dieu récompensa par