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histoire des églises et chapelles de Lyon

le culte de la Sainte Vierge était plus spécialement en vigueur, la Platière, Saint-Nizier, les Cordeliers, les Célestins, les Jacobins de Confort. La proposition en fut soumise au chapitre par quelques particuliers, dont l’initiative ne paraît pas avoir eu un succès immédiat. Présenté le 24 juillet 1666, ce dessein ne fut repris que plus tard, quinze ans après, par un certain apothicaire du nom d’Antonin Guillermin : sa requête fut discutée en séance du 6 septembre 1679. On en serait peut-être resté là, si une bulle du pape Innocent XI, concédant de précieuses indulgences, signée à Rome, le 17 février 1681, n’avait pas en quelque sorte forcé à s’organiser de suite et à déclarer, en exercice, ce qui n’existait que sur le papier, à l’état de projet incomplètement défini. Le 19 juillet 1681, comme le mentionne le procès-verbal des capitulants, leur procureur, Antoine Sève, demande d’introduire les premiers membres de la confrérie, « nouvellement instituée ». Ils étaient au nombre de neuf ; leurs noms ont été conservés ; nous les citerons à notre tour. Avec Guillermin, le promoteur de l’association, on comptait Blampignon, Jacques Garraud, Pellion, Guyty, Mathurin Picaut, Pierre Carret, F. Legras et Étienne Dalin. Ils déclarèrent leur intention de se réunir, afin d’adorer le Saint-Sacrement, avec plus de pompe et d’amour, et ils sollicitèrent qu’on voulût bien l’exposer, tous les samedis, pendant une messe basse, qui se dirait à dix heures, et que terminerait la récitation des litanies laurétanes. Guillermin s’engageait à bâtir, à ses dépens, une chapelle, qui fut, en effet, élevée un peu plus tard, appuyée au fond du chœur, au-dessus du maître-autel et dédiée à Notre-Dame de Pitié ; on autorisa les sociétaires à construire un banc, réservé à leur usage, qui serait dressé au devant des fonts baptismaux ; un registre fut déposé à la sacristie, afin d’y coucher les adhésions, et on promit d’approuver les statuts, dès qu’ils seraient dressés. Le curé fut désigné comme recteur et, jusqu’à la Révolution, cette charge s’exerça par un des chanoines, qui se succédèrent habituellement, selon l’ordre du tableau, de deux ans en deux ans.

Ces vocables variés, Notre-Dame de Pitié, Notre-Dame de Bon Conseil, Notre-Dame de Grâces, introduits par l’attrait particulier de donataires ecclésiastiques ou laïques, selon la mode changeante des préférences en vogue, n’ont pas prévalu contre l’appellation locale, antique, originale de Notre-Dame de Fourvière ; pour les Lyonnais de tous les âges, leur protectrice bien-aimée, assise là-haut comme sur un trône de granit et de verdure, dans sa tour d’ivoire, dans sa citadelle de David, est demeurée la Reine du vieux Forum romain et du berceau de notre foi catholique. C’est à son autel, préférablement à d’autres qu’est attribuée la messe du samedi, « pour obtenir la conservation de cette ville et du corps d’icelle », au bénéfice des Échevins en charge, comme gage d’une impérissable gratitude de ce qu’ils ont reconstruit des deniers de la commune, « de fond en cime », la muraille de la plate-forme (26 octobre 1660).

Un médecin, héritier d’un des noms les plus estimés dans son art, Jean-Claude Marcellin, dont le père, célèbre par son dévouement aux pestiférés, eut sa tombe aux Minimes, verse les honoraires d’une messe perpétuelle, la vigile du 25 mars, et le prix d’une lampe « ardente nuit et jour ». Mme de Fléchères, sur les instances du prévôt, le comte de Chambost, fait cadeau d’un retable (29 juin 1679) et, de plus, d’un vitrail, qui est ouvert