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sainte-élisabeth

de sa réception. Cette cérémonie eut lieu avec beaucoup d’éclat le 6 juin. On peignit à la fresque, dans la galerie du château, les honneurs rendus à ce prélat. Le 2 décembre 1600, Marie de Médicis arriva à la Guillotière. Elle ne voulut pas habiter le château de la Mothe où elle n’aurait pu s’entourer de sa suite ; elle passa la nuit dans une maison près du pont. Le lendemain, la reine vint entendre la messe dans la chapelle de La Mothe et dîna au château. Un vaste théâtre, couvert et paré de riches tentures, avait été construit devant la façade ; un trône s’élevait au milieu. C’est sur ce trône que Marie de Médicis reçut les hommages des corps de la ville ; le clergé seul lui parla debout. Elle fit son entrée solennelle le même jour à Lyon, et vint loger au palais de l’archevêché. C’est là que fut célébré son mariage avec Henri IV, et non à La Mothe, ainsi que l’ont prétendu plusieurs historiens. » Plusieurs harangues furent prononcées à l’occasion de cette entrée solennelle ; et en particulier par le sieur Thomé.

SAINTE-ÉLISABETH

Premier monastère : Bellecour et la Croix-Rousse.

Rameau détaché du couvent de Salins, en Franche-Comté, le monastère Sainte-Élisabeth fut fondé à Bellecour, en 1617, avec sept religieuses, sur l’emplacement occupé actuellement en partie par la Charité et en partie par l’hôpital Desgenettes. Il dut en grande partie sa prospérité à une personne de mérite, Mlle Marie Mathieu, en religion sœur Madeleine du Sauveur. Née à Lyon, le 23 juillet 1605, d’un père noble, écrivain distingué et fixé à la cour du roi, elle fut dotée des rares dons de la nature et des principales faveurs de la fortune, fut prévenue, dès sa jeunesse, des grâces divines auxquelles elle sut correspondre avec un mérite évident, même au milieu des dangers d’une brillante société. Son père se retira à Lyon après la mort d’Henri IV, son protecteur et ami ; lorsqu’elle le perdit, elle résolut d’entrer en religion et se consacra effectivement à Dieu dans le monastère Sainte-Élisabeth de Bellecour, selon la règle du Tiers-Ordre de saint François. Le noviciat achevé, elle prit le nom de Madeleine du Sauveur. Elle eut bientôt la consolation, en récompense de ses hautes vertus, de voir sa propre mère et sa sœur cadette entrer en religion et faire profession dans un monastère de la Visitation.

Établie maîtresse des novices, elle apporta dans celte charge l’exactitude et la perfection requises. Ses vertus l’appelèrent bientôt à un office plus haut ; elle fut élue supérieure du couvent le 19 mars 1642. Là encore elle fit briller les qualités de gouvernement qui la distinguaient. Sa supériorité finie, elle fut nommée vicaire, le 28 avril 1648, et demeura pourvue de cet office jusqu’en 1654. Rendue au simple rang de religieuse, elle se montra parfaite comme dans le passé. Si elle fut favorisée d’extases et de ravissements, elle se fit