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paroisse saint-vincent-de-paul

Mgr Gouthe-Soulard, curé de Saint-Vincent-de-Paul, puis archevêque d’Aix.

En 1855, il soutint sa thèse de doctorat : le sujet indiqué était « l’infaillibilité du pape », il le traita magistralement. Dès qu’il fut rétabli, on lui donna un ample terrain à défricher. Il s’agissait de fonder, dans un quartier ouvrier et populeux de Lyon, une paroisse nouvelle appelée Saint-Vincent-de-Paul. Dès 1861, le nouveau curé s’imposa de cruels soucis, de rudes sacrifices pour doter sa nouvelle paroisse d’une école de filles, dont il confia la direction aux sœurs Saint-Vincent-de-Paul. Plusieurs fois il fut appelé à des postes plus importants, mais il ne consentit à se séparer de sa paroisse qu’en 1870, sur l’ordre de Mgr Ginoulhiac, qui le nomma vicaire général de Lyon. Il apporta, dans cette fonction délicate et ditBcile, luie intelligence et un dévouement supérieurs. À la mort de Mgr Ginoulhiac, l’abbé Gouthe-Soulard fut élu, pour la vacance du siège, assesseur du vicaire capitulaire, Mgr Thibaudier, jusqu’à l’arrivée de Mgr Caverot, qui lui confia la paroisse Saint-Pierre-de-Vaise. Là, il déploya une activité peu ordinaire, et pendant les neuf années qu’il a dirigé cette paroisse, fit des créations vraiment magnifiques. À la mort de Mgr Forcade, archevêque d’Aix, l’abbé Gouthe-Soulard fut choisi pour le remplacer, et le 26 juillet 1886, il était sacré dans l’église primatiale Saint-Jean, par trois évêques lyonnais, Mgr Thibaudier, alors évêque de Soissons, Mgr Penaud, évêque d’Autun, et Mgr Gonindard, évêque de Verdun. À peine arrivé à Aix, le nouvel archevêque se mit immédiatement à l’œuvre ; il visita plusieurs paroisses ravagées par de terribles inondations, et créa un grand nombre d’écoles libres ; enfin, après des épreuves et des déboires, il mourut plein de courage et de mérites.

MAISON DE RETRAITE SAINT-POTHIN

Plus d’un diocèse de France aux xviie et xviiie siècles, si inexcusable que cela paraisse, manquait d’une maison de retraite pour les prêtres malades ou âgés. Le diocèse de Lyon ne faisait point exception à ce mépris de l’ancienne discipline, qui menaçait de devenir presqu’une règle. En 1735, le clergé de notre ville adressait à l’archevêque, Mgr de Rochebonne, une supplique à cet égard, dont il faut citer ce passage : « Des ministres du Dieu vivant réduits à mendier honteusement, quel opprobre pour la religion ! Refusera-t-on à ceux qui sont honorés de la dignité du sacerdoce, ce qu’on accorde aux derniers d’entre les fidèles. » Cet appel était signé de Rochefort, vicaire général, Dupré, custode