Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/358

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
338
histoire des églises et chapelles de lyon

mieux sa politique, et il se prit à favoriser la fondation des maisons dites de la Propagation de la foi où on recueillait les enfants protestants et les nouveaux convertis pour les élever dans la religion catholique. Voici comment un ancien document manuscrit raconte la fondation de la maison de Lyon.

Le chanoine Chervet (d’après un tableau conservé à l’institution des Minimes).

Louis XIV étant à Lyon au commencement de janvier 1659, la reine sa mère fit savoir à l’archevêque par M. l’abbé de Saint-Jean, l’un de ses aumôniers, que sa majesté désirait en cette ville l’établissement d’une compagnie ou congrégation de la Propagation de la foi pour travailler à la conversion des hérétiques et au secours de ceux qui se convertiraient. L’archevêque « accueillit avec joie une occasion si favorable pour employer son zèle et pour procurer le salut de ceux qui sont dans l’erreur ». Il établit la congrégation de la Propagation de la foi par son ordonnance du 3 février de la même année, et en confia l’administration à M. l’abbé de Saint-Just, son vicaire général. Celui-ci aidé de personnes zélées de toute condition travailla avec tant de succès que, jusqu’à la fin de l’année 1675, il procura la conversion à la religion catholique de près de quatre cents personnes. La société faisait de grands frais pour les études des jeunes gens et pour élever les jeunes filles dans la piété ; plusieurs de celles-ci furent mariées et dotées à la charge de la compagnie. « On s’employa aussi à empêcher la perte d’un grand nombre de catholiques que les huguenots entreprenaient continuellement de pervertir. Mgr l’archevêque employant son crédit à la cour, obtint du roi, en janvier 1676, des lettres patentes « portant permission d’établir à Lyon deux maisons : l’une pour les hommes et garçons, l’autre pour les femmes et filles convertis de la religion protestante. La compagnie commença par la maison des filles. N’ayant pas de quoi acheter et étant affaiblie par le décès de plusieurs des plus zélés et des plus considérables, elle loua la maison de la Chana appartenant à l’hôpital de la Charité. Puis elle pria la supérieure de la maison des nouvelles catholiques de Paris d’envoyer à Lyon trois de ses sœurs, ce qui ayant été favorablement accordé, les sœurs Foucault, Cheron et Bargedi vinrent et prirent possession de ladite maison au mois de septembre 1676. » La bénédiction de Dieu accompagna les œuvres de ces bonnes filles « qui avaient un talent merveilleux pour la conversion des huguenots. Dans l’espace de treize mois, elles reçurent dans leur maison, nourrirent et instruisirent de nombreuses